L'amour, le jugement et la peur

Quel programme ! C’est le nôtre, depuis le début de l’humanité. Nous sommes nés de l’amour, de cette puissance créatrice qui est amour. Tout le monde ne partagera pas cette croyance (ou cette expérience) mais la plupart seront d’accord avec le fait que nous le recherchons et que nous en avons besoin.

 

C’est l’histoire de la Genèse et du jardin d’Eden : Nés de Dieu, à son image lit-on et à sa ressemblance nous voilà dans le jardin d’Eden, que l’on peut supposer appartenir au plan terrestre. Donc, nés de Dieu, à son image, mais déjà incarnés, donc limités. Dans ce jardin l’homme semble être en paix et en harmonie avec Dieu et ce qui l’entoure. Mais voilà que tenté par le serpent, il mange le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Une lecture très répandue de ce texte nous explique que l’homme a voulu se mesurer à Dieu, se prendre pour lui, et que Dieu en conséquence l’a chassé du jardin d’Eden, pour qu’il ne touche pas à l’arbre de Vie, et l’a condamné à la souffrance.

On peut voir les choses différemment. Pourquoi l’homme ne devrait il pas toucher à l’arbre de la connaissance du bien et du mal ? Car, de part son incarnation, il est limité. Dieu se manifeste dans chaque parcelle de sa création, mais chaque parcelle a un point de vue limité sur la création. Il est donc impossible à chaque parcelle, et notamment à l’homme, de juger ce qui est bien et ce qui est mal de façon universelle, définitive. Car l’arbre de la connaissance du bien et du mal est celui du jugement. Et l’histoire de la Genèse nous dit ceci : Ne juge pas, sinon tu vas souffrir, tu ne connaîtras plus la paix, et tu engendreras de la douleur.

Et c’est vrai, nous pouvons le vérifier dans chacune de nos histoires : Nés de l’amour, nous le recherchons, ou plus exactement nous l’attendons dès notre conception. Nous en recevons, sans aucun doute, mais nous recevons aussi de l’amour conditionnel, c’est à dire conditionné à un jugement : enfant que nous étions, nous avons compris de l’attitude de nos parents (et c’est aussi ce que nous avons fait avec nos enfants, ne nous y trompons pas) « je t’aime si… tu es serviable, gentil, à l’heure, si tu réussis….en somme si tu es « bien »,. Ce « bien » là est différent selon les familles, les éducations et les cultures mais il est présenté et compris par l’enfant comme LE BIEN. Nous avons été élevés par des parents héritiers de ceux qui ont mangé du fruit de l’arbre de la connaissance et qui ont cru pouvoir définir un « bien » présenté comme universel, alors que forcément partiel, et qui ont essayé de nous faire entrer dans ce moule.

Beaucoup répondront que oui, mais on ne peut pas faire autrement que de transmettre à nos enfants ce que nous considérons comme être le bien. C’est le drame de ce que l’Eglise chrétienne appelle « le pêché universel ». On ne sait pas faire autrement mais pourtant nous pouvons constater que juger de ce qui est bien et de ce qui est mal engendre la peur et la douleur. La peur, c’est le climat dans lequel baigne l’enfant qui risque, s’il tait sa spontanéité, d’être « mauvais » et donc pas digne d’amour (alors que c’est sa nourriture essentielle). A notre tour, enfants jugés que nous avons été, nous jugeons, nous croyons détenir la vérité universelle, ou au moins plus de vérité que les autres, notamment de ceux dont le comportement nous déstabilise.

Nous jugeons pour ne pas ressentir. Toutes les douleurs psychiques ont pour fond la peur de ne pas être aimés, d’être rejetés, de ne pas être digne, d’une façon ou d’une autre, d’amour. Toutes les douleurs viennent du poison de l’amour conditionnel. Et c’est un cercle vicieux. Pour ne pas ressentir nous jugeons, nous aimons sous condition, et le jugement engendre la séparation et la douleur. Le jugement transforme l’amour en peur et douleur. C’est ce que nous raconte la Genèse.

Sommes nous contraints à rester dans ce cercle vicieux ? Non. Certes, la tâche n’est pas très aisée car nous sommes pétris de jugements, notre ego, notre personnalité donc, tient sur des jugements, l’image de nous mêmes tient sur un jugement.  Et puis juger, c’est quand même plus facile que d’écouter, ressentir, se laisser déstabiliser….

 

 

Mais nous pouvons poser l’intention de sortir du jugement, de trouver une autre façon d’être avec la vie, avec les autres, avec soi même que celle qui consiste à juger, séparer, convaincre l’autre qu’il a tort, essayer de se conformer et conformer les autres à l’idée que nous avons de ce qui serait bien. Commencer par réaliser que nous jugeons du matin au soir, par accueillir, sans rien dire, avec bienveillance tout ce qui est différent, à commencer par tout ce qui, en nous, est différent de ce que l’on voudrait être. C’est très difficile, on est vite confronté à nos limites, on remarque assez vite que le problème, l’enfer comme dirait Sartre, ce n’est pas les autres, c’est nos limites….et celles là aussi, il s’agit de les accueillir…. Cela peut s’appeler un chemin spirituel, une quête, c’est à dire un chemin qui dépasse la taille de l’homme. Mais si l’homme aspire à quelque chose qui dépasse ses possibilités, c’est bien que « quelque chose » qui le dépasse existe aussi. Que l’on nomme ce « quelque chose » Dieu, la Source, le Vie, l’Univers, l’Energie primordiale, l’Esprit, la Conscience universelle, peu importe, pour sortir du jugement source de séparation et de douleur, pour sortir de l’amour conditionnel, nous avons absolument besoin de nous y relier, d’une façon ou d’une autre.

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Commentaires : 2
  • #1

    Joël (samedi, 12 novembre 2016 14:29)

    Bonjour,

    Oui, nous sommes nés de l'Amour Divin, puis nés de l'amour humain dans une incarnation, amour humain qui ne créer pas la vie mais qui la reproduit simplement.

    Je partage tout à fait ce point de vue qui consiste à dire que nous avons besoin de nous relier (religare, religion dans le sens être relié en direct), religion tellement dénigrée et dévoyée actuellement par toutes ces dérives et confusions.

    Différencier le constat du jugement.

    Neutralité (sans jugement) et Bienveillance (pas de vengeance) ne sont pas acceptation naïve de ce qui existe, ni adhésion à ce qui existe,
    mais simple constat de ce qui existe, sans pour autant y adhérer.

    Etre éveillé, réveillé (éveillé de nouveau), chacun selon son chemin et sa volonté d'évoluer, comparativement à soi-même, tel est le chemin difficile.

    Je partage avec vous le concept du fait que tous ces mots se rejoignent et parlent de quelque chose (ou quelqu'Un) :
    Dieu, la Source, la Vie, l’Univers, l’Energie primordiale (et toujours active en permanence au présent- Abondante, illimitée, et disponible), l’Esprit, la Conscience universelle, la Lumière.

    Pour sortir du jugement, source de séparation (séparation d'avec soi, d'avec les frères et soeurs en incarnation, d'avec l'Energie de Vie) et de douleur (expériences de souffrances),
    pour sortir de l’amour conditionnel,
    aller se ressourcer dans l'Energie-Amour-Communication positive sans conditions.
    Devenir un Etre éveillé en somme, et relié.

    J'ai souvent testé le Pouvoir de la Pensée positive, pensées qui disent : "Je suis respecté, au présent, et en sécurité",
    en me concentrant en pensée sur le Centre (le Coeur) de mon Ame,
    pensée qui me relie et qui émet des ondes élevées, et bloque immédiatement l'énergie négative d'un être humain qui s'approche, et manifestement représente un danger pour ma sécurité.
    Ce que je ressens imédiatement.

    Les pensées négatives que je ressens qu'il émet,
    engendrant son jugement négatif et sa peur,
    lesquels engendrent sa volonté de me nuire,
    jugement de rejet, pensées de violence contenue,

    alors qu'il n'est en aucune manière en danger.

    Sa conscience n'est pas tranquille, sinon il ne verrait pas un danger dans celui qui n'est qu'un passant qui passe.
    Il sait qu'il a un comportement malhonnête et se sent en danger d'être découvert, alors ses idées de peur engendrent des pensées négatives.
    Des pensées négatives aux paroles négatives, puis aux actions négatives il n'y a pas beaucoup de distance.

    L'ombre a peur de la Lumière, qui risquerait de mettre au grand jour même involontairement, ce qui est caché et n'est pas avouable.

    L'être d'ombre a besoin de l'ombre pour survivre.
    Il ne vit pas, il survit sur la peur des autres, qu'il créé et entretient.

    L'être de lumière a besoin de La Lumière pour Vivre.

    C'est juste un témoignage.

    Bien respectueusement,
    Joël

  • #2

    Joël (samedi, 12 novembre 2016 16:37)

    Bonjour,

    Très intéressant, lecture passionante.

    Cela devient tellement rare, une personne qui aime Dieu Un et Trine.

    Veuillez me permettre de vous partager mon point de vue :
    Amour est un mot synthétique qui représente non seulement un sentiment de tendresse et de bienveillance de la part d'une Intelligence Supérieure qui a créé tout ce qui est vivant, et qui continue à créer et à veiller de près sur ses Créations,

    mais le mot Amour est aussi et surtout un synonyme de l'Energie Vitale,
    l'Energie de Vie toute puissante et illimitée, en Abondance.

    Le Grand Soleil qui guérit tout.

    L'amour humain est issu et enfant de l'Amour Divin, de même que l'énergie vitale humaine est issue de l'Energie de Vie de Dieu Un et Trine, qui reste Un en Trois Personnes, reliées en permanence.

    Si on remplace le mot amour par le mot énergie,
    et le mot Amour par le mot Energie de Vie, alors tout devient clair.

    D'ailleurs la Tendresse et la Bienveillance sans jugement sont contenues dans l'Energie Divine, Toute Puissante en tous les domaines du Vivant, Abondante et illimitée.

    Notre pensée est très puissante, elle émet de l'énergie avec un taux vibratoire qui peut être de différents niveaux, depuis un taux très bas, médium ou très élevé,
    énergie qui part d'un émetteur (ou émettrice) et va vers un récepteur (ou une réceptrice)
    et le retour tel un boomerang n'ets aps immédiat mais il y a toujours un retaour.

    Le non jugement, c'est-à-dire la Neutralité Bienveillante, en conscience,
    est un exercice difficile de chaque jour, c'est l'essence même du bonheur (amour-énergie de vie) dans le sens vivre en bien-être avec soi-même,
    en Paix avec sa propre âme.

    Il y aurait beaucoup à dire sur la Paix, cette communication directe entre la plénitude de la Sérénité Divine et la sérénité humaine.

    Difficile, dans un monde où les médias ont pris une place complètement surdimensionnée, où ils prétendent imposer au grand nombre ce qu'il doit penser, avec des mots de médisance, de méchanceté, des paroles de dénigrement, de jugement négatif râbaché jusqu'à saturation, de ressentiment réactivé sans fin, des mots qui visent à faire vivre la population dans la psychose de la peur, dans des pensées négatives, dans une culture de mort, qui est le contraire de la culture de la Vie.

    La manipulation des pensées est grande, elle est jugement, elle créé et maintient la peur, elle est le contraire de l'énergie de vie appelée amour.

    La culture de mort ne comprend pas la mort physique.

    Respectueusement à vous,
    Joël