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Les conflits naissent d'une quête spirituelle mal ciblée

On constate que les conflits sont résolus dès lors que chaque personne est capable d’envisager le point de vue de l’autre sans le prendre contre soi, sans en être blessé, sans en craindre les conséquences… lorsque chaque personne tient compte du ou des autres mais ne perd pas son individualité pour autant. 

1+1=3, c'est l'équation de la création   

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Est-ce-que tu veux bien débarrasser le lave vaisselle?

Voilà une situation certes prosaïque, mais potentiellement riche d’enseignements pour qui veut cultiver sainement les relations qu’il entretient avec ses  proches, et notamment son conjoint.

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Les suppositions, poisons de la relation

Souvent, au début d’une médiation, je demande aux personnes ce qui, dans le comportement de l’autre, les mettent hors d’elles. Presque toujours, la réponse est : les suppositions, les prêts d’intention. Les deux autres gagnants de ce petit jeu sont les jugements, sous toutes leurs formes, et les pressions exercées pour que l’autre change d’avis. Mais revenons aux suppositions.

Je suppose, ou je prête une intention à l’autre lorsque 

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L'amour, le jugement et la peur

Quel programme ! C’est le nôtre, depuis le début de l’humanité. Nous sommes nés de l’amour, de cette puissance créatrice qui est amour. Tout le monde ne partagera pas cette croyance (ou cette expérience) mais la plupart seront d’accord avec le fait que nous le recherchons et que nous en avons besoin.

 

C’est l’histoire de la Genèse et du jardin d’Eden : Nés de Dieu, à son image lit-on et à sa ressemblance nous voilà dans le jardin d’Eden, que l’on peut supposer appartenir au plan terrestre. Donc, nés de Dieu, à son image, mais déjà incarnés, donc limités. Dans ce jardin l’homme semble être en paix et en harmonie avec Dieu et ce qui l’entoure. Mais voilà que tenté par le serpent, il mange le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Une lecture très répandue de ce texte nous explique que l’homme a voulu se mesurer à Dieu, se prendre pour lui, et que Dieu en conséquence l’a chassé du jardin d’Eden, pour qu’il ne touche pas à l’arbre de Vie, et l’a condamné à la souffrance.

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Les fêtes font ressurgir notre enfant intérieur

Les fêtes de fin d’année sont des moments riches en émotions, certaines sont très agréables, et d’autres…beaucoup moins

Savourez encore les moments ou votre enfant intérieur s’est réjoui des retrouvailles, des rires et de la chaleur du cocon, et prêtez attention à ces moments  où vous avez été bouleversé,  où vous avez surréagi, ces moments où la charge émotionnelle n’était pas en rapport avec la banalité apparente de l’événement, ces moments où vous vous êtes senti coincés, dans une impasse, ou plombés, rejetés, ou hors de vous… ces moments où vous auriez volontiers accuser l’événement ou la personne extérieure qui nous semblait être  à l’origine de cet état intérieur…

Il est probable que vous étiez simplement en train de rejouer un scénario que vous avez mis en place depuis fort longtemps. Ce scénario trouve sa source dans l’obligation que ressent l’enfant de satisfaire ou faire plaisir à ses parents (ou ceux qui prenne soin de lui) car il a vitalement besoin d’eux, de leur attention, de leur soutien et de leur amour. A un moment l’enfant se trouve coincé entre l’injonction parentale (qui peut être explicite ou implicite) et son désir profond. S’il suit son désir profond, il rompt le lien avec le parent (croit-il) ce qui fait naître en lui une profonde tristesse, et de la peur; s’il se soumet à l’injonction parentale, il rompt le lien avec lui même, ce qui fait également naître une profonde tristesse. L’enfant se trouve alors face à un abîme de tristesse, de peur et de colère (née de la frustration d’être obligé de satisfaire l’injonction parentale).

Alors quand les relations avec vos proches (car c’est souvent avec eux que cela se passe) vous mettent dans un abîme d’émotions désagréables, observez que c’est l’enfant en vous qui souffre car il lit la situation actuelle avec sa conscience d’enfant et il rejoue le scénario parental. Vous, adultes, accueillez alors cet enfant intérieur avec bienveillance, si besoin faites vous aider ou trouver les livres pour vous accompagner, mais laissez le à sa juste place. Vous n’êtes plus en enfant, votre interlocuteur n'est pas votre père ou votre mère d'alors, vous n’êtes plus dans la même situation de dépendance, vous avez des cartes en main et vous agissez d’égal à égal, vous avez la capacité d’exprimer ce que vous ressentez et  mettre la situation en perspective, la capacité de choisir et de décider pour vous, ...Objectivement, il ne peut rien vous arriver…Je vous souhaite une belle année d’intimité avec vous et de bienveillance avec votre enfant intérieur.

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Il faut (je dois)/ je peux/ j'ai envie

Pour être heureux, serein, en forme, en paix, efficace, riche, attentif…. « il faut » ou « il faudrait » que je fasse ceci ou cela, que je décide ceci ou cela…. Cet opérateur d’obligation « il faut » prend une place considérable dans nos vies. Cela provient sans doute de notre éducation à la française (il faut entrer dans le moule) et judéo-chrétienne (que faut-il faire/être pour retrouver le paradis ?).

 

Comment le remplacer, se demandent certains excédés par ces ordres permanents qu’ils se donnent à eux mêmes ?  par un opérateur de possibilité comme « je peux », « j’ai la chance », « j’ai l’opportunité » ou  un opérateur d’envie comme « j’ai envie », « j’essaye », « je veux »... Mine de rien, porter attention à la fréquence avec laquelle nous utilisons ces trois petits mots permet de faire un arrêt sur image, de mettre de la conscience sur nos fonctionnements internes.

 

Nous avons besoin du « Il faut » ; dans sa version positive, il nous donne un sens, une direction, il nous fait aussi envisager les conséquences de nos décisions. Dans sa version négative, ou utilisé trop souvent ou à tort, il nous met dans une situation d’impuissance et de frustration. Si « il faut » ce que je ne peux pas, je me sens impuissant, honteux. Si « il faut » ce dont je n’ai pas envie, je me sens frustré. Très souvent, nous ressentons ce « il faut » comme une chape de plomb tout à coup posée sur nos épaules.

 

Remplaçons le par « Je peux ». Dites le pour voir ce que cela fait à l’intérieur, c’est libérateur, on respire mieux tout à coup. « Je peux », « j’ai la capacité de » nous installe un sentiment de puissance (qui est différent de la toute puissance et du pouvoir, c’est juste l’inverse de l’impuissance), nous permet d’aller chercher la force en soi, le courage. Ce « je peux » nous ancre.

 

« J’ai envie » nous renvoie au désir, il actualise l’énergie qui nous pousse à aller vers, qui nous traverse et nous porte. Il appelle un verbe à la forme affirmative. Plutôt que « il faut que je m’arrête de fumer », essayez : « j’ai envie de respirer à pleins poumons ».Ressentez ce qui se passe à l’intérieur, l’énergie n’est pas la même, il y a une pulsion de vie qui n’existe pas dans le « il faut ».

 

Observez quels opérateurs vous employez le plus souvent et vous aurez des indications sur la façon dont vous prenez la vie. Essayez de varier, consciemment, et de voir ce que cela fait, quel état interne cela suscite en vous.

 

Il ne s’agit pas bien sûr de changer tous les « il faut » par « je peux » ou « j’ai envie » mais d’être capables de les utiliser également tous les 3.

 

Et puis, s’interroger sur ces trois petits mots nous sort de nos automatismes : si « il faut », le faut-il vraiment, c’est a dire si je ne le fais pas, qu’est ce qu’il se passe ? et s’il faut vraiment, est ce que je peux ? et si non que faudrait il qu’il se passe pour que je puisse ? et au fond, en ai je envie ? est ce que je surfe sur une vague qui me porte ou est ce que je lutte ? et si je lutte, c’est contre quoi ?

Et pour ceux qui surutilise le « je peux », est ce que je dois ? et cela répond t-il à un désir ?

Et pour ceux qui surutilise le « j’ai envie/pas envie », de quelle envie s’agit-il, de quel désir ? et est ce que je dois (c’est à dire quelles sont les conséquences)? et est ce que je peux ?

Trois petits mots….une mine de conscience, notamment pour sortir de l’impuissance, de la frustration, de la culpabilité et de l'indécision ! 

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De l'importance d'exprimer ce que l'on ressent en temps réel

Aucune de nos émotions, aucun de nos ressentis, aucune de nos pensées ne sont « mauvaises », rien de ce qui nous traverse, quelque soit l’occasion, n’est à juger, à rejeter, à faire taire… Il y a une différence fondamentale, qu’il est urgent, dans notre monde, de comprendre : celle entre juger/bannir/rejeter et  ne pas choisir/nourrir.

 

Il nous arrive fréquemment de juger nos pensées, émotions…, nous trouvons que nous manquons de calme, d’attention, de gentillesse, de justesse, que nous ne pouvons pas dire ce que nous ressentons car – croyons nous – nous allons blesser notre interlocuteur, l’éloigner de nous, créer un conflit, en faire un ennemi, compliquer les choses..  et nous faisons taire ce qui monte en nous pour servir au monde une image « correcte » de nous mêmes. Nous avons au fond une image assez précise de qui nous devrions être pour satisfaire à nos critères d’acceptabilité, de sécurité, de conformité à nos valeurs… et nous n’acceptons pas le fait que nous pouvons y déroger. Et comme il nous est insupportable de constater que nous pouvons ne pas être conforme à l’idée que nous avons de comment nous devrions être, nous faisons taire ce qui monte, nous « prenons sur nous » et le plus souvent nous n’avons même pas le temps de ressentir ce qui monte que nous l’avons déjà soit enfoui soit transformer en jugement (sur l’autre ou sur la situation). Et ce qui a été si bien enfoui explose un jour….généralement à contre-emploi total, ou est déversé (et en cela il devient une poubelle) sur quelqu’un d’autre…

 

Nous nous faisons, et faisons aux autres un mal indicible en faisant cela. Je ne dis pas que c’est mal, je dis nous nous faisons mal…

 

Ce qui nous traverse, ce qui nous vient à l’esprit, EST, un point c’est tout, et le juger ne le fera pas disparaître. Il est absolument nécessaire d’exprimer ce que l’on ressent, à partir d’un lieu, en nous, centré et responsable : c’est à dire qui ne nie pas les émotions et ressentis mais ne rend pas non plus les autres ou les situations responsables de ce qui nous arrive. Exprimer n’est pas attaquer. Dire sa vérité n’est pas dire ses quatre vérités à l’autre. C’est juste faire part de ce qui nous traverse, en en gardant la paternité.

Ne pas juger qui que ce soit, ne pas rendre qui que ce soit responsable, rend l’expression de nos émotions, pensées et ressentis audibles par l’autre en toute situation. Ce qui risquerait de blesser, créer le conflit… c’est de rendre l’autre responsable de notre mal être. L’exprimer simplement permet au contraire à l’autre d’en faire autant, et du coup les relations – et la vie tout entière – prennent une autre densité, une autre saveur… on est dans le vrai, et c’est consistant.

 

Exprimer ainsi nos émotions a comme grand avantage de les faire passer. Une fois exprimées, elles ont jouer leur rôle (d’information le plus souvent, nous reviendrons un jour sur le sujet) et l’énergie dont elles sont porteuses peut se transformer, notamment pour nous donner des idées et la capacité de mettre en œuvre des solutions pour sortir de l’état qui a creé ces émotions… Vous me suivez ? Si j’exprime par exemple, sans accuser personne et en temps réel (ou presque, ça marche aussi), toute ma frustration liée à une situation dans laquelle je me sens impuissant(e), je vais développer les idées et la capacité pour maîtriser la situation. C’est comme ça, il n’y a pas à le croire, juste à essayer et observer ce qu’il se passe…

 

Nous croyons souvent (et c’est vraiment d’une croyance dont il s’agit) qu’en jugeant en nous ce qui est « bon » et ce qui est « mauvais », nous avancerons vers le « bon ». C’est l’inverse qui se passe : en jugeant l’ombre (qu’elle soit chez nous, chez les autres ou dans l’environnement), en la rejetant, nous la nourrissons, car elle n’est pas transformée. Elle est comme bannie, en prison, elle rumine et elle croît. Au contraire, en l’acceptant sans jugement, en acceptant ses conséquences sur notre état intérieur, nous nous en distancions. Nous observons qu’elle existe, nous l’acceptons  - ce qui ne veut pas dire que nous l'approuvons ou nous souhaitons revivre la même chose - et nous gagnons, par cette acceptation, la capacité de ne pas la nourrir.

 

Alors, certes, il s’agit pour être capable d’exprimer ses ressentis en temps réels, de retourner la croyance bien ancrée que « cela ne se fait pas », « c’est dangereux », « c’est méchant », « c’est inintéressant », « ça ne sert à rien »…. Le plus difficile à faire est d’avoir vraiment envie de retourner la croyance, pour gagner en authenticité, en consistance, en liberté et en créativité (oui, oui, tout cela, c’est ça l’enjeu !). Mais ensuite, il suffit d’essayer, sur des toutes petites choses…de constater les effets….et la constatation répétée d’effets positifs finira par convaincre notre cerveau de changer définitivement la croyance et de fonctionner sur ce nouveau mode….Allez y, essayez, cela ne se fait pas en un jour, mais cela se fait, et c’est tous les jours un peu mieux…

 

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Les nouveaux sauvages

Je ne résiste pas à l’envie de faire un petit commentaire de ce film jubilatoire… !

Ce film a ceci d’extraordinaire qui nous montre de quoi est fait l’intérieur des hommes – de tous les hommes, vous et moi compris – que la force de leur mental empêche d’exprimer à l’extérieur. Ne nous y trompons pas, nous avons tous, pour peu que nous acceptions d’aller voir, une violence inouïe tapie au fond de nous, un amas de frustrations non avouées, qui sortirait volontiers dans des formes encore plus brutales, si nous ne la jugulions pas. Les dérapages, les meurtres, toutes les violences ne sont pas le fait d’hommes particulièrement sauvages ou violents – nous le sommes tous – mais d’une absence momentanée de contrôle. Le verrou saute, soit parce que la pression interne est trop forte, soit parce que le contrôle est défaillant, ou souvent un mélange des deux.

Mais le contrôle est-il ce qui distingue les humains des bêtes sauvages ? A première vue, oui. Les animaux ne disposent pas – à ma connaissance – d’une capacité de réflexion sur eux mêmes et d’un mental capable de contrôler leur énergie interne. Mais cette faculté humaine est-elle vraiment à mettre au crédit de l’homme ? Et n’est-ce-pas précisément ce contrôle qui crée une violence bien pire que celle que l’on trouve chez les animaux ?

L’homme, qui se croit au dessus des animaux, se contrôle, et contrôle ses enfants dès leur plus jeune âge, pour atteindre un comportement qu’il croit « civilisé ». Il s’interdit donc le plus souvent de dire vraiment ce qu’il pense (de peur de blesser, d’être rejeté, d’apparaître comme indésirable..), de faire vraiment ce qu’il veut, de répondre vraiment à ce dont il a besoin. Mais il n’en pense pas moins. Il a développé un « surmoi » qu’il croit être son apanage d’homme civilisé, mais qui dans la plupart des cas est un outil au service de son orgueil (« moi je ne laisse pas s’exprimer ce que je ressens en moi car c’est dangereux et/ou mauvais). Ce surmoi régulateur lui sert à avoir l’air doux, respectueux, aimant, généreux…, mais pas du tout à l’être vraiment Et à réprimer sa nature, il crée à l’intérieur de lui une bombe à retardement…. Ce film est jubilatoire car il libère – par acteurs interposés- une (petite) partie de notre bombe intérieure. Tous les scénarios révèlent une injustice, un sentiment profond de maltraitance, qui finalement mène à un « pétage de plomb », déclenché par un événement particulier qui n’est que l’arbre qui cache la forêt des frustrations enfouies.

Est-ce-à-dire que pour désamorcer, ou plus radicalement ne pas alimenter cette bombe, il faudrait laisser libre cours à la manifestation de tous nos ressentis, sans aucun frein, depuis notre plus tendre enfance ? Est-ce-à-dire qu’il faudrait en rabattre sur notre soi-disant supériorité d’humain qui mène à ce sentiment d’injustice, et donc à des frustrations ?

Ce qui me semble assez efficace, et ce pourrait être une leçon de ce film, c’est d’arrêter de nous comparer à une image idéale à laquelle on voudrait ressembler – individuellement et collectivement - d’accepter pleinement ce que nous ressentons même si cela nous semble indigne et bas et de l’exprimer au fur et à mesure (sans en éclabousser les autres, il y a d’autres moyens). Réprimer nos penchants naturels alimente une bombe qui mène aux nouveaux sauvages ; les reconnaître et les accepter – sans honte ni culpabilité – permet de les transformer. Et peut-être que c’est cela le rôle de l’homme : transformer la nature animale ? Si c’est le cas, il n’a pas d’autre choix que celui de passer par la case « Acceptation ».

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Lâcher prise et laisser aller

Il est difficile de saisir vraiment cette notion du lâcher-prise. Elle est assez souvent confondue avec lâcher, tout court. « OK, je lâche prise, alors je laisse flotter les rubans, plus rien à faire de rien, trop facile… » Comme si la prise qu’il s’agissait de lâcher était la barre d’un navire. Au contraire, je crois que si nous lâchons la barre de notre navire terrestre, personne ne viendra s’en charger à notre place. Nous sommes non seulement les mieux placés mais surtout les seuls à pouvoir gouverner notre vie. Il ne s’agit donc en aucun cas, dans cette notion du lâcher prise, de lâcher la barre et de s’en remettre aux autres, aux éléments, ni même à Dieu, pour prendre la responsabilité de nos choix et de la qualité de nos expériences de vie. Barrer, c’est se fixer un cap, tenir la barre et naviguer en direction de ce cap. Le lâcher prise se situe au niveau de la navigation. Et la prise qu’il s’agit de lâcher, c’est notre peur que l’objectif ne soit pas atteint si la route empruntée n’est pas celle que nous avons imaginée comme étant la meilleure. Le lâcher prise s’installe en développant la confiance. Un exemple : je suis dans une situation très désagréable quelle qu’en soit la raison. Si à ce moment je décide de lâcher prise, alors je devrai me rappeler mon objectif (de vie ou plus précisément celui qui préside à ce que je suis en train de faire), vérifier que je suis toujours à la barre, c’est à dire bien présent, éveillé, et non pas perdu dans mes plaintes, récriminations, colère contre les uns ou les autres, désespérance ou au contraire optimisme excessif, déni de la réalité…je suis là, bien conscient de ce qui se passe et d’un environnement apparemment hostile…et c’est à ce moment là que je lâche prise, c’est à dire que je laisse se développer en moi la confiance qu’à partir du moment où le cadre est posé (objectif  clair+ présence), je suis en état de répondre de façon adéquat à ce qui se présente pour atteindre mon objectif.  Le lâcher prise indique de lâcher le jugement de ce qui est en train de se passer (et non pas le discernement, celui ci s’applique à l’objectif alors que le jugement s’applique à l’expérience, aux faits et aux personnes).

Le lâcher prise est lié au discernement, à la souplesse et à la confiance. Le contrôle est lié à la peur, à la rigidité et au jugement.

 

Entrainez vous, essayez, doucement, vous ne risquez rien…sauf de, petit à petit, installer la paix à l’intérieur de vous.

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Nos croyances ont la vie dure...

Les croyances que nous entretenons sur la vie en général et  sur nous mêmes en particulier déterminent notre vie. Ne me croyez pas, observez ce qui se passe pour vous.

Essayez de déterminer quelles sont vos croyances les plus ancrées, et vérifiez par vous mêmes.


Pour connaître les croyances qui ont de l’influence sur notre vie, il faut aller chercher nos évidences, nos convictions gisant au plus profond de nous et dont on n'a pas toujours conscience. Ce sont les affirmations dont on peut dire « Ah non, ce n’est pas une croyance, ça c’est vrai ! » Et « ce qui est vrai » pour l’un ne l’est pas pour tout le monde (ce qui confirme que c’est une croyance). Par exemple, « la loi du plus fort régit le monde et si je montre que je suis faible, je risque d’être blessé ou contrôlé » ; « je suis quelqu’un de fondamentalement heureux et optimiste », «  pour que l’on m’aime, je dois d’abord aimer et le montrer en prenant soin des besoins des autres », « la vie récompense ce que l’on fait, pas ce que l’on est », « je suis ce que je ressens », « si je dis vraiment ce que je pense, je vais créer un conflit »… et ainsi de suite, il y en a plein d’autres…

Vous pouvez ainsi poser un autre regard sur les évènements douloureux, voir insupportables de votre vie, ce que vous voulez absolument changer, ce que vous ne supportez plus. Il est probable que ces évènements extérieurs auxquels vous êtes confrontés soient en train de remettre en cause une croyance bien ancrée sur vous mêmes. Lorsqu’il est temps d’élargir notre vision du monde (comme un poussin dans sa coquille qui, à un moment doit en sortir pour découvrir un autre monde) et que l’on en a pas conscience, la vie se charge de nous faire vivre des évènements qui nous secouent suffisamment pour que la coquille se brise.


Et ce qui fait tellement mal, ce n’est pas tant l’événement en tant que tel – même s’il peut être objectivement violent - , mais la résistance de l’ego à faire évoluer sa croyance, c’est à dire, lorsqu’il s’agit d’une croyance sur lui, son identité même, alors que c’est précisément ce qu’il faut faire pour sortir de l’ornière.  Or l’ego a très peur de ne pas y survivre. Pour lui, c’est une question de vie ou de mort, c’est ce qui explique la violence de nos ressentis.

Et c’est vrai que lorsque nous nous délivrons d’une croyance sur nous mêmes, une part d’ego meurt.


C’est à mon sens ainsi que l’on peut interpréter la phrase évangélique « mourir à soi même ». Il ne s’agit pas là, à mon sens, d’être généreux, de s’oublier en faisant passer les autres avant. La mort dont il s’agit est celle de mon ego trop étroit auquel je me suis identifié.

Pour reprendre les exemples du début, lorsque l’on prend conscience tout à coup (ou petit à petit) que « non, je suis aimable même si ce que je fais n’est pas couronné de succès ou ne plaît pas », « non, le monde n’est pas impitoyable et je peux montrer ma vulnérabilité sans risquer ma survie », « non, l’amour n’est pas une monnaie d’échange et je suis aimable même si je ne m’occupe pas toujours des autres », alors… un nouveau monde s’ouvre, plus vaste, de plus en plus vaste au fur et à mesure que nos limitations sur nous mêmes tombent, et plus aimant...

 

Alors bien sûr, lorsque la vie nous secoue on peut maudire ce ou ceux qui nous semblent responsables, et d’ailleurs on ne se gêne pas pour le faire, mais on peut aussi – surtout ? – voir comment ce qui se passe est en train de nous montrer une porte, une ouverture vers autre chose, vers un autre monde, vers un autre « Je », plus vaste, plus riche et plus aimant.

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Deviens ce que tu es

Il n’y a rien à faire…ou, plutôt, ce que nous faisons a peu d’importance. Nos réalisations ne sont qu’un support à notre expérience sur cette terre.

Le vrai sujet est ce que nous sommes, et comment nous le devenons.

Ceux qui aiment mettre de la conscience sur la façon dont ils « fonctionnent », s’aperçoivent assez vite que la plupart de leurs comportements, pensées, émotions, réactions ne sont ni le fruit du hasard ni le fruit de leur volonté, mais bien celui de leurs conditionnements et des conséquences de leurs vieilles blessures, de leurs charges émotionnelles qui resurgissent..

Sans conscience, nous reproduisons tous les conditionnements de la race humaine, de notre époque, de notre milieu, de notre éducation…nous n’agissons pas, nous réagissons selon un programme intégré. Même, et peut-être surtout, lorsque nous faisons « ce que nous voulons », nous sommes alors le docile exécuteur de ce que notre cerveau a codé comme agréable, nécessaire… Sans conscience, point de liberté. Alors, au fond, qui suis-je ? Si je ne fais que reproduire et réagir, comme un robot, ou est « le vrai », « la vraie », à supposer qu’il y en ait un (une) ? Qui je suis quand je suis (j’ose être) vraiment moi ?

Cette question, que se posent nombre de personnes qui travaillent sur elles, est un piège : si nous appelons ego cet ensemble de conditionnements et de blessures qui nous caractérisent (et nous donne notre « personnalité »), c’est encore une question que se pose l’ego, qui cherche, une fois de plus, à se conformer à un nouveau rôle. Après avoir épousé jusqu’à la nausée le rôle du gentil, du méchant, de celui qui réussit, de celui qui échoue, de celui qui assure, qui aime, qui donne, qui est toujours gai….il cherche à se conformer au rôle du « Vrai ».

 

Or, il me semble que « le vrai », « la vraie » que nous sommes, est indéfinissable, et c’est une bonne nouvelle.

Deviens ce que tu es : Découvre ce que tu es au delà des conditionnements et des blessures non intégrées. Peut être découvriras tu un être présent,  libre et créateur. Et pour devenir ce que tu es, connais toi toi même, mets de la conscience sur tes conditionnements, tes réactions, tes blessures enfouies. Observe à quel point ils déterminent la qualité de chacune de tes expériences. Entre dans cette intimité bienveillante avec toi et alors, petit à petit, tranquillement, presque sans effort, tu laisseras venir qui tu es vraiment. Et, probablement, tu l’honoreras.

 

 

Prochain chapitre : L’amour inconditionnel, car c’est à la fois la source, le but et la clé de ce qui précède.

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l'amour se mérite t-il?

Non ! allons nous répondre rapidement, quand on aime, on aime… force est pourtant de constater que, le plus souvent, nous mettons beaucoup de conditions pour réussir à aimer l’autre : qu’il (elle) nous porte la considération et de l’attention auxquelles nous estimons avoir droit, qu’il(elle) soit de bonne humeur, bienveillant(e), qu’il (elle)  respecte ses engagements ou supposés tels, qu’il(elle) soit présent(e), intéressant(e),  qu’il (elle) nous sécurise, qu’il (elle) nous nourrisse, qu’il(elle) nous fasse du bien , qu’il(elle) corresponde à la conviction que j’ai de qui lui (elle), notre couple, notre famille doit être, qu’il(elle) nous aime …, nous posons des milliers d’attentes qui, à force d’être déçues, créent du ressentiment. 

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Travail sur soi et quête spirituelle

Lors des Rencontres Chrétiennes de l’Ennéagramme qui se sont tenues à Saint Etienne au mois de novembre, différents théologiens, chercheurs, écrivains, consultants…. ont tenté de conceptualiser la relation qui pouvait exister entre travail sur soi et quête spirituelle. Je vous propose ici de vous partager mon expérience.

 

Le travail sur soi permet a minima de traverser des peurs, des croyances limitantes, des stress, des situations ou des évènements désagréables qui se répètent, des conflits, des ressentiments, tout ce qui peut nous empoisonner la vie.

Pratiqué régulièrement, il permet d’amplifier la conscience  de l’existence en nous d’un « Soi » ou d’une « part divine », ou d’un Etre profond,  peu importe le nom qu’on lui donne.

 Le lien entre les deux s’effectue par la découverte sensible d’un « Je » qui ne réduit pas à nos conditionnements, qui ne se réduit pas à notre personnalité. J’insiste sur le mot sensible car il ne s’agit pas là d’une déduction logique ou d’une croyance, mais d’une expérience. J’expérimente, en travaillant sur moi, l’existence d’un « Je » de nature différente que le « moi » de la conscience ordinaire, un « Je » qui tout a coup prend conscience, se détache, et choisit librement.

Le travail sur soi permet de rencontrer, de fréquenter, de découvrir ce « Je » en nous qui nous anime, je dirais même ce « Je suis », qui peut changer d’expression et d’état mais qui, fondamentalement, EST.

 

Le travail sur soi est un « travail » au même titre que celui de l’accouchement : bien sûr que le bébé sort grâce à des forces et un désir indépendants de la volonté de la mère, il n’en reste pas moins que pour être mis au monde, le bébé a besoin de la participation active de la mère. Le travail sur soi est notre participation active à la naissance, c’est-à-dire à l’actualisation dans le monde,  du « Je » libre, du « Je » qui dit oui à Dieu, ou, dit autrement, du «  Je suis », que nous portons en nous,  C’est un accouchement.

 

 

Alors comme Noël est la fête d’une naissance, je souhaite, que cette année il s’agisse aussi de la vôtre. Joyeux Noël !

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Nos relations ont besoin de nous

De quoi parle t’on lorsque l’on dit : j’ai des relations ? Des gens, ou des fils qui nous relient à eux ? Je dois entretenir mes relations professionnelles dit-on. Il s’agit du fil, donc, pas de la personne, qui, elle, s’entretient toute seule. Ce qui nous intéresse c’est le fil, qui maintient la personne à l’autre bout, à notre disposition, d’une façon ou d’une autre.

 

Mais ce qui est très curieux, c’est qu’autant nous entretenons les relations avec ceux qui, au fond, nous sont indifférents, autant nous laissons souvent en jachère le fil des relations avec ceux qui nous importent : nos proches et à la toute première place notre conjoint. C’est comme si la relation, pour être sincère, devait aller d’elle-même. Comme si l’amour entre deux êtres devait seul prendre soin de la relation, en dehors de la volonté consciente et responsable des protagonistes qui – chacun le sait – en ont déjà suffisamment à faire avec tout le reste. Il y a là me semble t’il une confusion, une vieille idée que nous portons en nous et qui voudrait nous faire croire que si l’amour a besoin de notre soin et notre attention, alors ce n’est pas vraiment de l’amour, qui devrait surgir de lui-même. Comme être amoureux, qui est un état passif, nous paraît être l’état le plus enviable, nous imaginons quelque part que l’amour n’a pas besoin de notre « action ». De notre action sur la relation, j’entends et non pas de notre action pour essayer de faire changer l’autre (ça, tout le monde y pense !). Mais il y aurait moins de séparation douloureuse si on arrêtait de confondre être amoureux et créer une relation. Le plus souvent, on tombe dans une relation, sans conscience, comme on tombe amoureux. Il semblerait que notre siècle (car cela ne fait pas si longtemps que l’on se marie par amour) ait oublié l’importance cruciale de l’existence de 2 volontés agissantes et responsables pour créer une relation qui les satisfait. Ou plus exactement, nous, les vivants de ce siècle, le redécouvrons, mettons de la conscience sur cette évidence.  Ce qui était évident, qui allait de soi, devient conscient. Et la première question à se poser, consciemment et expressément, c’est : quelle relation voulons nous, entre nous ? Essayez… Ca vaut la peine… !

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Après un moment d'absence

Bonjour à vous tous, j’ai laissé passer l’été sans vous dire un mot…en fait telle une louve je me suis terrée pour panser les plaies laissées par la mort subite de mon père qui me laisse labourée, aérée, telle une terre que l’on a travaillée, dont on a cassé les mottes, que l’on a retournée en tous sens et qui au bout du compte se sent plus meuble et… profondément changée.

 

J’ai pu observer l’existence de « parts » en moi qui vivaient et ressentaient chacune des choses bien différentes, me confortant dans l’idée qu’il existe bien plusieurs niveaux de réalité en nous-mêmes : une part qui sait que notre corps est un vêtement, qu’on évolue simultanément sur d’autres plans de réalité, une part qui a vraiment communiqué avec « l’âme » de mon père, dans les premiers temps au moins, tant que ma conscience limitée pouvait encore l’atteindre, une part tranquille donc, émerveillée même,  bouleversée par autant d’attentions « d’en haut », qui comprenait confusément mais sûrement le bienfondé de ce départ précipité. La surprise fut que cette part de moi n’a ni occulté ni calmé l’autre, la part humaine, terrienne, qui s’imaginait que son père était immortel , qui ressentait que quelque chose de l’ordre de la structure se brisait à l’intérieur, qui ne savait pas que cela faisait aussi mal, et qui était infiniment triste. Ce qui est curieux, c’est que cette part « terrienne », qui est liée au temps (puisqu’elle vieillit), trouve aussi son réconfort dans le temps. Le temps qui pourrait nous apparaître dans bien des cas comme un adversaire est aussi une bénédiction. C’est comme dans la chanson de Barbara, au mal de vivre succède un matin, sans raison apparente et petit à petit la joie de vivre. Le temps se charge de nous guérir pour peu que l’on reconnaisse la blessure et qu’on accepte de la lui confier. En tous cas, c’est ce que j’ai éprouvé, et du même coup, découvert. Je vous laisse là, à la limite, peut-être dépassée, de l’impudeur des sentiments. J’avais besoin de le poser pour continuer à vous faire partager mes réflexions et mes découvertes au fil des mois. Belle journée à vous.

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Serie les antidotes : l'envie

L’envie, sous toute ses formes : envie de ce qu’a ou vit le voisin, mais aussi envie d’un autre environnement, d’une autre politique, d’un autre président, d’une autre organisation, d’un entourage différent, d’un accueil différent, d’une compréhension différente, d’un métier différent, d’une vie différente, d’un conjoint différent… A ne pas confondre avec les envies ou le désir d’autre chose. L’envie est statique alors que  les envies, ou le désir, poussent à l’action. Il y a la même différence entre l’envie et le désir qu’entre rêvasser et porter un rêve.

 

L’envie a un corolaire immédiat : la plainte. Oh ! pas forcément se plaindre haut et fort, encore que.. mais le ressentiment, le sentiment d’injustice, qui se traduisent par des expressions comme «  c’est honteux, c’est scandaleux, ce n’est pas normal, ou je n’ai pas de chance »…Que ce soit dit tout haut ou ruminé à l’intérieur, l’effet est le même : cela rend malheureux, au fond et à la longue, même si on a l’impression que se plaindre nous libère. Malheureux d’impuissance. L’apitoiement sur soi-même n’est pas loin.

 Et ainsi, on voyage à l’envers. On refuse de prendre réellement pied dans la réalité, car on reste accroché à l’idée de ce qui serait mieux dans l’instant (mais en est-on sûr ?) et, plutôt que de se retrousser les manches on rend les autres , quels qu’ils soient (notre entourage, notre patron, nos clients et fournisseurs, la presse, le gouvernement, Dieu, le hasard ou la vie…), responsables de ce qui nous dérange, et on fait pression sur eux pour qu’ils changent. Hors, faire pression et agir n’ont rien à voir.

 

L’antidote de l’envie c’est l’action

 

Les autres sont apparemment responsables de notre mal être? Et alors ? Râler, se plaindre, faire pression sur eux..ne changera rien, au contraire, cela crée de la résistance, et , toujours, encore plus de mal être. Car si les autres sont responsables, alors moi je suis une victime impuissante qui n’a pas d’autre choix que de souffrir et de le faire savoir. Dites vous cette phrase « je suis une victime impuissante » et soyez attentif à l’état intérieur dans lequel elle vous met…Cela mène droit à la démission (qu’est ce que tu veux que je fasse d’autre ?) et, pas loin derrière, la dépression.

Mais, bonne nouvelle, il existe une porte de sortie, étroite, certes mais elle existe : Elle a pour nom la responsabilité et pour corolaire immédiat, la liberté. Le responsabilité de prendre en charge notre propre bien être, ou de faire advenir les valeurs qui nous sont chères, plutôt que d’attendre ou de faire pression sur les autres pour qu’ils soient conformes à ce que l’on attend d’eux. Cela demande d’observer honnêtement la situation qui nous dérange, reconnaitre ce qu’elle nous fait, et transformer cette émotion en action, soit poser des actes favorables à l’avènement de ce que nous voulons. C’est bête, mais ca rend heureux, aussi petite soit l’action.  

Se plaindre et rendre les autres responsables est une attitude d’enfant dépendant des adultes pour assurer son bien-être. Imaginez ou rappelez vous ce que doit faire l’enfant cloué dans son lit quand il a faim. Il pleure, jusqu’à ce qu’on l’entende. Et pourtant, l’enfant est poussé hors de son berceau, hors de son parc, hors de ses limites pour  devenir de plus en plus autonome (précisément pour ne plus être obligé de pleurer, d’hurler – de se plaindre -), responsable de ses choix, libre. C’est le mouvement de la vie. Quand on abandonne cet élan pour attendre que les autres satisfassent nos besoins, plutôt que de poser des actes pour prendre en charge nous mêmes ce qui nous tient à cœur,  on voyage à l’envers. Et de là naît le mal être, on s’est trompé de sens, c’est comme si on revenait à la case départ sans toucher 20 000 F.

 

Alors certes, il nous faut un peu de courage. Le pli de rendre les autres responsables de notre mal être est tellement bien pris depuis tellement longtemps qu’il ne nous est pas si facile d’inverser la vapeur. Et parfois on a vraiment pas envie de sortir de l’envie, mais le jeu en vaut la chandelle, la transformation de l’énergie de la plainte en énergie d’action transforme le chemin de croix  en chemin de joie !

 

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Méditer, c'est à la mode

A priori, rien de plus simple. Vous trouvez un endroit tranquille, vous vous asseyez, le dos bien droit de préférence, et voilà, vous ne faites plus rien, vous concentrez votre attention sur votre respiration, pendant une durée, disons de 20 mn (cela peut être plus, ou moins, surtout au début).Et après ?

 

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les poubelles émotionnelles

La pub institutionnelle nous invite à adopter des gestes éco-citoyens, à trier nos déchets ménagers et à les jeter au bon endroit. C’est bon pour la planète, nous dit-on.Et pour nous, pourquoi n’adopterions nous pas des gestes éco-humains ? En vidant par exemple nos poubelles émotionnelles au bon endroit ?Curieuse idée pensez-vous peut-être, mais regardons de plus près 

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Bonne Année

Je vous souhaite, de tout mon cœur, une année de paix. Vous avec vous. Vous avec les autres.

Non pas que les conflits soient à bannir. Au contraire, ils servent à nous réveiller, à nous révéler à nous- mêmes,si nous voulons bien porter notre attention sur nos propres ressentis, nos propres réactions, plutôt que de rester projetés sur les manquements des autres.Ce conflit que je vis en ce moment avec mon conjoint(e), mon enfant, mon collègue, mon patron…que me dit-il de moi ? Ce que cela nous dit des autres a finalement peu d’importance puisqu’on ne peut pas les changer. Mais moi, qu’est-ce qui me met dans cet état ? Qu’est-ce qui m’irrite à ce point ? qu’est-ce qui me fait tellement souffrir ?  De quoi ai-je besoin ? Ou suis-je coincée, blessée, enfermée ? Qu’est-ce que j’ai besoin d’amener à la lumière ? Merci les autres de nous bousculer tellement que nous sommes obligés d’aller voir à l’intérieur. Car sur ce chemin, nous trouvons des graines de paix, et d’amour. Notre conscience s’élargit et, avec elle, notre vision du monde.Je vous souhaite de trouver la voie de l’apaisement.

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Série « les antidotes » : la peur

La préoccupation, l’inquiétude, l’appréhension, la fixation mentale, la crainte, l’élaboration compulsive de scénarios, l’anxiété, la terreur…. Autant de manifestations différentes de cette émotion qui nous noue l’intérieur..

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Avides d'amour

Nous sommes, pour la plupart avides d’amour, nous voulons être aimés, et nous le recherchons sans cesse, nous l’exigeons, nous l’estimons comme un dû. Comme le dit Lacan : « Aimer, c’est essentiellement vouloir être aimé »...

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L'amour ne rend pas aveugle, il rend libre

Notre cerveau  ne nous permet pas de traiter consciemment plus de 7 sollicitations à la fois, nous disent les neuro-scientifiques. En conséquence, sur les milliers de sollicitations de nos 5 sens à chaque instant, nous en retenons 7 et créons notre réalité à partir de ceux-ci. Les autres sont stockés dans l’inconscient.

Comment se fait ce choix ? Pour la majorité des gens, dans la majorité des cas, de façon purement inconsciente. L’attention se fait à notre insu, en fonction de nos schémas mentaux, de nos mémoires, de nos déterminations, de notre éducation, de nos blessures… en fait de notre égo conditionné et blessé. 

L’égo est cet ensemble de conditionnements et de blessures qui détermine, si nous n’y prenons pas garde, nos attitudes, nos comportements, nos façons d’être, de faire, de réagir. C’est le « je ne peux pas faire autrement », « je suis né comme cela ». Certains peuvent également lui donner le nom de  personnalité.
Notre cerveau est un fidèle serviteur et fait ce qu’on lui demande. Sollicité par l’égo,  il œuvre pour le conditionnement. En effet, le rôle de notre égo est de nous adapter à la forme humaine et à la vie en société. Dans cette optique, le cerveau va trier, classer les informations en essayant de retrouver ce qu’il connaît déjà. (Cette faculté nous permet notamment l’apprentissage de savoir-faire qui deviennent automatiques : conduire, faire du vélo, ouvrir une porte…). C’est ainsi qu’il va généraliser, omettre, banaliser…. Et par ce tri, notre attention sera portée sur certains éléments plutôt que d’autre, en fonction de ce que l’on connaît déjà et de ce qui est acceptable ou non par notre égo.
Nous voyons alors que ce que l’on dite être « la réalité » n’est en fait qu’une représentation très partielle et très subjective de celle-ci, que nous construisons inconsciemment.
Alors, la question qui se pose est la suivante : sommes nous condamnés à subir une vision de la réalité qui ne nous convient pas toujours mais qui est le fruit de notre propre cerveau ?
Ou alors avons-nous la possibilité de choisir où nous portons notre attention ?Bonne nouvelle, la réponse est oui, la porte est certes étroite, mais elle existe.
Lorsque nous méditons, ou lorsque nous choisissons de porter notre attention sur nous-mêmes, d’observer nos dire, réflexions, ressentis.., nous pouvons éprouver la présence en nous d’un JE qui a la faculté d’observer, de choisir, de décider, et la grande faculté corolaire de se laisser embarquer. Exemple : je choisis de concentrer mon attention sur ma respiration et au bout de quelques minutes (voir quelques secondes) mon esprit est parti dans mille réflexions. Je me laisse embarquer un moment, je m’en rends compte et choisis de nouveau de concentrer mon attention. Autre exemple : j’ai une discussion animée avec un interlocuteur qui commence à toucher un point sensible chez moi. Pour m’échapper de cette situation inconfortable, je cherche à me venger et je pense à lui dire quelque chose de vraiment méchant, qui va lui faire mal, je ne le ferais pas me dis-je c’est bas et méchant… mais l’inconfort persiste et…..je le dis, je me suis laissée embarquer par mon égo blessé.


J’éprouve ainsi l’existence d’un ‘JE’ qui n’est pas réductible à mon égo, à ma personnalité. Ce ‘JE’ a – potentiellement – la capacité de choisir. A charge pour lui, de se dégager de l’attraction qu’exerce l’égo sur lui.


C’est l’objet du travail sur soi

- Se connaître : c’est-à-dire connaître sa personnalité, ses conditionnements et ses blessures à la racine de nos choix inconscients, de notre vision du monde et des autres, de ce que nous appelons « la réalité »-

 S’accepter et s’aimer comme tel

 

Et c’est ce mouvement d’acceptation et d’amour vrai envers soi-même (celui que l’on attend si ardemment des autres sans songer à se le donner soi-même) qui détend l’égo, lui fait perdre de son pouvoir d’attraction, dessert l’étau qu’il sert autour du « JE » qui voit alors s’élargir sa capacité à choisir où il porte son attention et quelle action et quel comportement il décide de mettre en œuvre.


« La réalité » de chacun devient alors tous les jours plus conforme au monde qu’il souhaite créer.


De façon inconsciente, c’est ce qu’il se passe lorsque nous somme amoureux : l’autre, notre amour, remplit brusquement et spontanément tous nos besoins : d’amour, de reconnaissance, de sécurité..nous nous voyons magnifique et unique dans ses yeux…l’égo est ravi, enchanté..et il se détend. Voilà pourquoi, nous disons que l’amour rend aveugle. Ce n’est pas tant qu’il ne voit pas, c’est que le sentiment d’amour qui nous traverse donne à notre « JE » la capacité de choisir ce qu’il veut voir, de porter son attention sélective sur ce qui lui fait plaisir…pour que la magie dure… et le « JE » se crée ainsi une réalité qui lui convient.


L’amour ne rend pas aveugle, il rend libre. Et plutôt que d’exiger des autres qu’ils nous aiment d’un amour inconditionnel, aimons-nous nous mêmes, nous serons ainsi traversés par ce sentiment d’amour qui, en desserrant l’étau de notre égo, nous rendra libre de choisir.

 

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La médiation est en accompagnement sur le chemin du développement de la conscience.

En médiation, les personnes accompagnées sont amenées à se recentrer sur elle-même. Elles sont guidées pour exercer leur conscience : il s’agit de distinguer les faits des interprétations, les ressentis des jugements, les conséquences de leur état interne en réaction aux faits de la volonté de changer l’autre. Il s’agit pour elles de prendre acte de ce que provoquent, chez elles, le comportement ou les dires de l’autre, de l’identifier, de l’accepter comme quelque chose qui leur appartient . Il s’agit de reprendre la responsabilité de ses émotions, de ses réactions et de ses comportements, et sortir de la position de victime des autres et du monde. Ce « travail » passe par une libération des croyances, schémas automatiques et représentations qui réduisent notre champ de « vision », d’appréhension de réel plus exactement, et nous font nous focaliser sur une seule solution. Et plus l’impact émotionnel est fort, plus le champ de vision se rétrécit. Il s’agit donc en médiation d’accompagner chacune des personnes à élargir son champ de vision de la réalité, gage de l’émergence d’une solution commune, en développant sa conscience d’elle-même et des autres. Il est alors possible, chacun centré sur lui (c’est-à-dire conscient et responsable et non pas égocentré), de décider puis d’agir.
Or l’émergence de la conscience est une quête spirituelle, celle-ci consistant à se rapprocher de soi et à se libérer de tout ce qui n’est pas soi (et notamment les croyances enfermantes, schémas automatiques de réaction, pouvoir des émotions non reconnues). Qui est ce « Je » libéré ? quel est ce « Soi » qui décide et agit avec d’autant plus de liberté qu’il est plus conscient ? Certains engagés dans cette recherche décident à l’avance qu’il n’est que matière (c’est en philosophie le courant matérialiste), d’autres décident à l’avance qu’il existe une transcendance et que le « Soi » s’y rapporte (c’est en philosophie le courant spiritualiste et c’est bien sur le socle des religions), d’autres enfin, engagés dans une quête, cherchent,  observent et découvrent sans tenter –autant que faire se peut – de justifier tel paradigme plutôt que tel autre.
Le profond respect que le médiateur doit aux personnes qu’il accompagne, son humilité et l’obligation qu’il se fait de s’abstenir de tout jugement et de toute projection est une posture qui relève à mon sens de la dernière posture du chercheur spirituel décrite ci-dessus, c’est-à-dire de celui qui cherche sans à priori. Il existe une communauté d’attitude.

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Pensée du jour : d'où vient-elle?

J’observe ce qui se passe dans ma tête lorsque je médite et j’ai tout à coup le sentiment très fort que mon cerveau ne produit pas de pensées mais qu’il les capte. Ensuite seulement, je porte ou non mon attention sur cette pensée, je la laisse passer ou je la tricote, ou le plus souvent je me laisse embarquer par elle « à l’insu de mon plein gré » ! C’est comme si un doigt de fée venait désigner un tiroir, dans un certain état émotionnel interne et comportant des objets, des mémoires, des schémas, des représentations, des croyances…L’ouverture ou non du tiroir est le plus souvent involontaire et même inconsciente. En portant mon attention sur le phénomène, je me rends compte que je peux à cet endroit faire acte de volonté : je laisse passer la pensée ou je la tricote. Parfois l’attraction est trop forte et, malgré moi, le tiroir s’ouvre.

De cette observation, j’émets l’hypothèse suivante : Tout, absolument tout ce qui existe à aujourd’hui est une « forme pensée » c’est à dire a un correspondant sous forme de pensées. Ces formes pensées existent au sein d’un espace psychique interpersonnel auquel chacun accède selon  son état interne conformément à la loi dite d’attraction, à savoir, grossièrement, « qui se ressemble s’assemble ». Ainsi, mon cerveau capte telle ou telle pensée en fonction de son état émotionnel et du contenu de ses « tiroirs ». A titre d’exemple, je capte la pensée « envoyer un mail d’encouragement à mon neveu » car ce que porte cette idée – neveu, soutien, attachement familial, volonté d’être appréciée, volonté de contribution… et les émotions qui les accompagnent – trouve un écho à l’intérieur de moi.

 

Cette hypothèse ouvre des voies de sens et de compréhension, et de son existence éventuelle, je tire quelques leçons :

 

1/ Adopter la posture d’observateur bienveillant de soi même, et notamment de ses pensées nous permet de nous connaître et nous montre de quoi nous sommes faits. Si nous entretenons par exemple de la rancœur et du ressentiment, et que ceux –ci sont forts, nous allons attirer des pensées de la même tonalité. Cela est vrai également si nous entretenons des pensées de joie, d’accomplissement, de gratitude…

 

2/ Nous pouvons, par un acte de volonté, décider de nous laisser embarquer – ou non – par telle pensée, décider – ou non – de la laisser prospérer. Pas toujours facile, me direz-vous, il existe des moments ou l‘attraction est si forte que je ne peux m’empêcher d’ouvrir le tiroir et de la tricoter. Prenons l’exemple d’un tiroir de rancœur et de ressentiment : si « je ne peux pas m’en empêcher », c’est que l’attraction entre la forme pensée extérieure et le contenu du tiroir en question (qui n’est qu’un parmi une infinité d’autres) est trop forte. Pour la faire baisser, plusieurs solutions s’offrent à nous :

 

-         Rééquilibrer la force de l’attraction, et pour cela « faire circuler » entre les « tiroirs » : on peut le faire de façon physique : sortir, bouger, marcher, courir, jouer, crier, rire…. ; on peut le faire de façon émotionnelle en portant son attention sur d’autres émotions qui nous traversent incidemment –un soupçon de joie, de gratitude, de plaisir, de reconnaissance – et en les tricotant consciemment, c’est-à-dire en leur apportant de l’attention et de l’importance, on peut enfin le faire de façon spirituelle c’est-à-dire en élargissant son point de vue, en voyant le contenu du tiroir sous un autre angle

-         Décider d’ouvrir consciemment le tiroir – et non pas se laisser embarquer par son contenu – et travailler dessus. Cela veut dire faire l’inventaire du contenu : des faits, des interprétations, des représentations, des croyances, des schémas…et, à la manière de Descartes, regarnir le tiroir de ce que nous choisissons consciemment. Ce travail d’inventaire ne suffit pas. Pour le parfaire, il faut accepter sans réserve et sans jugement « l’état interne », l’acceptation et l’amour de soi-même sont le solvant des émotions perturbatrices et de l’égo blessé et conditionné –mais nous aurons l’occasion d’en reparler..

-         Créer, enfin. La création –artistique mais pas seulement- est un formidable moyen de se libérer de l’attraction qu’exercent nos « tiroirs » sur des formes pensées extérieures auxquelles nous aimerions bien ne pas rester accrocher, car elles les accouchent, mais de cela aussi nous reparlerons.

 

Je conclus aujourd’hui de tout cela, qu’il ne s’agit pas tant de maîtriser ses pensées que d’entretenir un état interne (par un travail sur soi tant physique, qu’émotionnel et spirituel) permettant de « capter » les pensées qui nous font du bien, et plus largement, d’accéder aux ressources dont nous avons besoin.

 

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Les conflits naissent d'une quête spirituelle mal ciblée

On constate que les conflits sont résolus dès lors que chaque personne est capable d’envisager le point de vue de l’autre sans le prendre contre soi, sans en être blessé, sans en craindre les conséquences… lorsque chaque personne tient compte du ou des autres mais ne perd pas son individualité pour autant. 

1+1=3, c'est l'équation de la création   

Pas de soumission, pas de prise de pouvoir, mais un positionnement tranquille et ouvert, avec une envie commune de trouver la sortie. A partir de là il est toujours possible, à partir de plusieurs points de vue différents, de créer ensemble du nouveau, c’est à dire non pas de trouver le plus petit dénominateur commun mais de donner naissance à quelque chose de vraiment nouveau (une idée, une façon de faire, d’être en relation, d’être, une œuvre, une chose, une décision….). C’est ce qui se passe lorsque l’on arrive à envisager la question « alors, que fait on pour que chacun soit vraiment satisfait ?» A ce moment là, on creuse, on cherche, on évolue, on envisage les choses sous plusieurs angles, et on trouve une idée, un moyen. A ce moment là, on crée. On est souvent joyeux d’ailleurs. Créer, c’est donner naissance à une œuvre, et trouver une solution qui satisfait pleinement deux points de vue opposés est une œuvre. Une œuvre produite par la confrontation bienveillante de deux points de vue au départ opposés. 1+1 = 3, c’est l’équation de la création.

 

Les relations que nous entretenons avec les autres sont une formidable, car très abordable, façon d’exercer notre pouvoir créateur. Et comme nous avons tous pu le constater, créer procure de la joie.

 

La joie est l’émotion qui naît lorsque nous sommes « alignés », c’est l’émotion de l’accomplissement. Elle signe l’acte de création, qui est pour nous un impératif spirituel. Nous sommes nés pour créer, pour co-créer.

 

Et notre monde est exactement prévu pour cela : en effet notre monde sensible est celui de la dualité, tout est polarisé : Aucun concept n’existe sans son contraire : bien/mal, beau/laid, froid/chaud...Tout se définit aussi par ce qu’il n’est pas, nous compris. Si tout était bien, il n’y aurait rien à créer de plus, si tout était beau, il n’y aurait rien à ajouter….Notre monde est polarisé car la confrontation des contraires est source de création.

 

Or, nous pouvons observer que bien souvent nos désaccords, et notamment ceux avec des personnes proches de nous, ne donnent pas lieu à création, mais plutôt à une destruction. Les relations fusionnelles donnent 1+1=1, les relations de soumission/prise de pouvoir donne la même équation : 1+1=1, les relations violemment conflictuelles peuvent donner 1+1=0, les relations parallèles donnent 1+1 =2.

 

Comment se fait-il que les désaccords puissent dégénérer en conflit destructeur de valeur plutôt que de participer à l’œuvre de création ?

 

 

 

La réponse que je propose de développer ici est la suivante : parce que nous nous trompons d’enjeu spirituel : nous poursuivons l’Unité, et notamment l’Unité-fusion, alors que l’enjeu spirituel de notre monde sensible est celui de la création.

 

Nos sens nous font croire que nous sommes séparés les uns des autres, du monde, du Tout, alors que nous aspirons à faire « un ». De ce fait, nous nous focalisons sur la recherche de l’Unité, ce qui se traduit par trouver des stratégies pour ne pas perdre le lien, notamment avec les autres, alors que notre joie, notre raison d’être, notre véritable aspiration est de créer du nouveau.

 

Pour élaborer sur le sujet, commençons par rappeler ce qu’est un conflit : Pour qu’il y ait conflit, il faut que soient réunis les ingrédients suivants : une entreprise commune, des points de vue différents et un débordement émotionnel.

 

Une entreprise commune d’abord, qui peut être la volonté de créer quelque chose ensemble, que ce soit un couple, une famille, une entreprise, un pays, ou simplement un sujet commun. Sans entreprise commune, sans sujets communs, les contraires ne s’opposent pas, ils s’ignorent.

 

Des points de vue différents, ensuite, souvent suivis de volontés différentes, ce qui provoque un désaccord. Ils sont absolument inévitables : chacun a sa propre vision du monde. Bien sur qu’elle est basée sur des expériences communes : celles d’être vivant, humains, d’une certaine culture, d’une certaine éducation… Mais notre point de vue, la façon dont nous interprétons le monde, nos croyances sur ce que le monde devrait être, sur la façon dont les autres devraient se comporter, sur la façon dont nous devrions nous comporter, proviennent de nos expériences personnelles, de la façon dont nous les avons vécues, et nous sont donc absolument propres. Nous ne pouvons pas échapper à l’opposition de point de vue, l’autre voit les choses (et du coup veut agir) de façon différente de la mienne, c’est une donnée de base ; croire l’inverse est une complète illusion dans ce sens où il s’agirait juste de refuser le réel. Les désaccords sont donc la règle, et c’est logique. Un désaccord ne crée pas un conflit, c’est un ingrédient indispensable mais non suffisant.

 

Les choses se gâtent, et le conflit apparaît, lorsque nous refusons d’envisager l’expérience unique de l’autre, et donc sa façon de voir les choses et le désir ou besoin qui s’en suit.

Le conflit est alimenté par les émotions, notamment la colère – qui peut aller du simple agacement à la fureur – et la peur – qui peut aller d’une légère inquiétude à l’écoute des propos de l’autre à une véritable  panique qui peut nous amener à tenter de le supprimer (physiquement ou métaphoriquement)-.

Ces émotions ont normalement pour objet de nous mettre en mouvement, de nous donner de l’énergie pour créer du nouveau. Or, parfois, plutôt que de les utiliser pour se positionner clairement (grâce à l’énergie de la colère), réfléchir sainement (grâce à l’énergie de la peur) et créer une solution nouvelle, nous préférons abdiquer notre pouvoir créateur (en adoptant une position impuissante de victime en défense) et transformer nos émotions en jugements (mépris, jugements, ridicule, démontage des arguments…), prêts de mauvaises intentions « je sais très bien ce que tu penses et/ou pourquoi tu fais cela), ou contraintes (par la force, l’appel à des « valeurs » supérieures, la manipulation..).  Ce sont ces comportements, qui consistent à refuser de sentir l’émotion de colère, peur ou tristesse qui peut monter en nous en présence d’un désaccord et les projeter sur l’autre sous forme de jugements, prêts d’intention ou contraintes, qui alimentent les conflits et rend la relation destructrice.

 

Les psychologues, thérapeutes de toute obédience expliquent aujourd’hui que l’origine de ces comportements se trouvent dans nos egos (soit, pour faire simple, notre personnalité, l’outil qui nous permet d’agir et d’interagir dans ce monde et qui a été forgé à partir des expériences de la naissance et de la petite enfance) blessés, pour qui le point de vue différent des autres met en péril sa construction du monde et de lui même. Les paroles ou le comportement de l’autre réveille en nous une expérience douloureuse et challenge une croyance que nous avons forgée, sur nous mêmes ou le monde, qui était censée nous éviter de ressentir à nouveau la douleur de l’expérience passée.

Les jugements, prêts d’intention ou contraintes ne seraient là que pour nous empêcher de ressentir l’émotion ancienne douloureuse. Le rôle des conflits serait donc de nous « montrer » les blessures à guérir en nous et les croyances à abandonner, afin de s’en libérer.

 

Je trouve, par expérience, que cette approche a beaucoup de sens, en tous cas, c’est un paradigme et un mode d’accompagnement qui permet effectivement de sortir de ses conflits intérieurs et de nous « laver » suffisamment pour que nos relations deviennent fluides et créatrices.

 

Mais, il y a autre chose : nous adoptons ces comportements délétères, pas seulement parce que nous sommes névrosés mais  parce que nous avons un besoin impératif de nous sentir reliés et nous croyons que nous allons pouvoir ainsi conserver le lien, éviter les séparations. Nous espérons grâce à eux nous débarrasser du point de vue encombrant de l’autre, pour conserver l’illusion de la possibilité d’un unique point de vue. Deux points de vue par trop différents sur un sujet qui nous tient à cœur est insupportable. On a l’impression que l’autre s’éloigne…de nous. Nous avons un tel besoin d’unité, de nous sentir en lien, reliés, que nous sommes prêts, par la contrainte ou la manipulation, à faire cesser l’existence du point de vue opposé et de l’influence qu’il peut avoir sur ma vie, ou par la soumission, à faire cesser notre propre point de vue.

Car il ne s’agit même pas d’accepter le point de vue de l’autre, il s’agit simplement d’envisager son existence. Si dans un couple l’un veut partir en vacances au bord de la mer chez ses parents et l’autre louer un chalet en montagne pour la famille seule, il est possible qu’on assiste à des échanges du genre « tu n’as pas l’esprit de famille » (prêt d’intention), « tu ne peux pas te séparer de ta mère » (prêt d’intention), « il faut toujours faire ce que tu veux » (contrainte par culpabilisation), tu es « égoïste » (jugement), « une famille saine doit partir en vacances seule » (contrainte par appel à « ce qui se fait ») , toutes ces phrases ont pour objectif de délégitimer le point de vue de l’autre avant même qu’il ait eu le temps de le développer, d’effacer le fait même que l’autre n’est pas d’accord, lui faire ravaler ce qu’il vient de dire. C’est un refus du désaccord. Et pour peu que ces situations soient récurrentes, les deux trouveront en soupirant que ce serait tellement plus simple d’être du même avis…plus simple et plus sécurisant, plus doux…on serait « un »….

 

Lorsque nous agissons ainsi, nous restons accrochés au besoin d’Unité, de se sentir reliés, et faute de la ressentir comme une évidence, nous mettons notre énergie à tenter de la faire exister, ou de supprimer ce qui apparait comme un obstacle. Mais notre tentative est vouée à l’échec car ce n’est pas simplement la loi du monde : L’enjeu spirituel de ce monde n’est pas l’Unité mais la création, l’unité est un état, elle ne se fabrique pas. On la ressent, ou non, mais on il ne nous revient pas de la faire advenir.

 

La paix, l’harmonie, le sentiment de « faire un », au moins avec une personne, sont, me semble t-il une recherche universelle de l’humain.  

La religion chrétienne nous enseigne que nous sommes tous frères, issus d’un même Père, et cela fait écho en nous car c’est au fond exactement ce dont nous avons besoin. Aujourd’hui les découvertes de la physique quantique donnent lieu à des interprétations proposant que nous soyons tous reliés, intriqués, et ces interprétations trouvent en ce moment un grande audience, rassurée à l’idée que nous somme « un ». Les religions orientales, et notamment le bouddhisme, cherche la voie du nirvana par l’extinction des désirs (le désir, en soi, suppose la dualité : soi et ce qu’on désire), et donc l’expérience de l’Unité.

Cette aspiration à l’unité qui nous habite tous est d’ordre spirituel ; elle est « réelle », car ressentie universellement, et pourtant elle n’appartient pas à notre monde, qui est, lui, marqué par la dualité.  

Notre vécu objectif est  celui de la séparation, depuis la naissance. C’est la loi de ce monde. La Genèse nous suggère que le monde a été crée en séparant le ciel et la terre, la lumière des ténèbres… nos sens nous font croire que nous sommes séparés les uns des autres, nous sommes des « individus ».

 

Nous vivons donc objectivement la séparation et avons au fond de nous une exigence d’unité, contradictoire avec notre expérience sensible.

 

C’est ce nœud là qui se joue au cœur des conflits. Et le carburant est la peur, la peur que ce besoin existentiel d’unité ne soit pas rempli. Une opposition de point de vue, bien évidemment, réveille cette peur car elle manifeste la séparation avec l’autre. Et la peur nous commande de fuir, de combattre, ou de se soumettre. Fuir le conflit est une technique très répandue : déni, éloignement, anesthésie.., combattre les personnes qui apparaissent opposées en est une autre, et se soumettre donne l’apparence de la résolution mais nourrit le ressentiment et donc les conflits à venir. Quelque soit la stratégie adoptée, nous essayons de réduire l’opposition au silence, pour qu’elle ne réveille pas cette insécurité liée à la séparation.

 

Mais ce faisant, nous ratons l’occasion de créer, de faire en sorte que nos relations soient des œuvres, de réaliser notre potentiel, nous ratons notre raison d’être. Et si nous ne créons pas, le plus souvent nous détruisons, nous faisons exactement l’inverse de ce qui nous procure de la joie.

   

Mais pour être capable de créer à partir de nos relations interpersonnelles, de faire en sorte que nos relations soient des œuvres, nous devons impérativement accepter que le point de vue différent de l’autre ait le droit d’exister, nous devons oser prendre le risque du conflit.

 

Comme nous l’avons vu précédemment, ce qui nous empêche d’accepter l’existence d’un point de vue différent est la peur, qui trouve sa racine dans la peur de ne pas être en lien.

 

La solution est apparemment simple : trouver un moyen de nous sentir reliés, aux autres, à la nature, au Tout et être ainsi capable d’accepter d’envisager sereinement l’existence d’un point de vue opposé, ou, à tout le moins, être capable d’oser prendre le risque du conflit. Une fois ceci acquis, l’œuvre de création d’une solution tout à fait nouvelle est à portée de main, ou de discussion plutôt.

 

Cette solution existe, et elle est à notre portée : la méditation, la prière, la présence silencieuse à soi et à ce qui est, le contact solitaire avec la nature…. Ce n’est pas sorcier. Et ce ne devrait pas être un luxe, un moment que l’on s’offre au mieux une fois par semaine, ou en vacances, ou quand on trouve le temps. C’est une nourriture quotidienne absolument indispensable, autant que la nourriture physique. Car ces pratiques installent une intimité avec soi et « ce qui est plus vaste », qui permet, subtilement mais réellement, de se sentir relié, en sécurité, et d’avoir donc le courage d’envisager la confrontation des opposés sans la fuir ou la faire taire. Le courage de rester stable, juste un instant,  au moment où le point de vue de l’autre m’agace ou m’inquiète. D’avoir juste le temps de braver sa peur et de se dire « OK, tu m’énerves mais vas-y, développe, je t’écoute, je vais utiliser ma peur ou ma colère pour construire une solution avec toi plutôt que de poursuivre le but illusoire de te faire taire ».

 

Ainsi nous n’avons pas, me semble t-il, à rechercher ni à créer l’Unité, elle existe déjà, et cette erreur de cible nous fait adopter des comportements délétères qui provoquent des conflits destructeurs. Nous avons d’abord à la ressentir, par les pratiques qui le permettent, pour être ensuite capable de co-créer des solutions originales à nos désaccords.  Le ressenti qui nait alors de la co-création s’appelle aussi l’Unité mais ce n’est plus exactement le sentiment d’être un, comme dans l’unité-fusion. C’est celui d’être 3, l’unité-création. Le monde de la dualité nous permet de créer, de faire 3 à partir de 1, ne nous le refusons pas, il est possible que ce soit notre plus haute aspiration.    

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Est-ce-que tu veux bien débarrasser le lave vaisselle?

Voilà une situation certes prosaïque, mais potentiellement riche d’enseignements pour qui veut cultiver sainement les relations qu’il entretient avec ses  proches, et notamment son conjoint.

En effet, il nous arrive souvent,  plutôt que de poser la question, de donner un ordre : « débarrasse le lave vaisselle », un conseil « tu ferais bien de débarrasser le lave vaisselle », ou de manipuler l’autre : « sois gentil, débarrasse le lave vaisselle », ou alors «ce serait sympa de débarrasser le lave vaisselle ». Lorsque l’on commence à aller moins bien, que l’on est fatigué ou exaspéré, cette façon de s’exprimer devient : «  fais ce que je te dis ! » ou « c’est toujours moi qui… je fais tout dans cette maison… Tu ne pourrais pas au moins une fois ..? » Que ce soit des ordres ou des insinuations, que ce soit dit gentiment ou sous le coup de la colère, cette façon de s’exprimer révèle un positionnement toujours délétère dans une relation entre adultes.

Dans les premiers cas, l’un décide et l’autre obéit, dans les autres cas, l’un essaie par le chantage affectif d’obtenir quelque chose de l’autre sans oser le lui demander clairement. Le sous entendu est : « si tu ne le fais pas, tu n’es pas quelqu’un de bien, ou tu n’est pas gentil, ou pas sympa »). Il se met donc en dessous et se positionne comme une victime impuissante qui n’a pas d’autre moyen pour remplir son besoin que de culpabiliser et juger l’autre.

On pourrait dire que ce sont des habitudes de langage, sans fondement et sans conséquence, et que tout cela est un peu tiré par les cheveux.  C’est une erreur, et l’on s’en rend très bien compte lorsque nous décidons de changer et de poser des questions : un petite crainte peut monter alors, celle de ne pas obtenir ce que l’on veut !  On réalise ainsi que, dans les faits, pour des choses aussi anodines qu’un lave vaisselle, on fait pression sur l’autre. On installe ainsi, insidieusement, une relation de dominant/dominé, ou bourreau/victime, en tous cas pas d’adultes libres et consentants. Or, la majorité des personnes qui se séparent  se reprochent mutuellement un manque de respect, ou d’intérêt, ce qui est presque la même chose.

 

Poser une question, mine de rien, sous entend un positionnement respectueux de l’autre qui sous tend une relation de qualité. En effet, si je pose la question :

 

-       Je mets l’autre à pied d’égalité : ni en dessous (comme lorsque je donne des ordres, ni au dessus comme lorsque je manipule). J’ai un besoin et je demande/vérifie si la personne en face peut le remplir

-       Je ne m’attends pas forcément à ce que l’autre réponde par l’affirmative : je lui laisse donc le choix et lui laisse par la même occasion la possibilité de se positionner. Et je peux savoir si ma stratégie qui consiste à me faire aider de cette personne est la bonne ou si je dois en trouver une autre

-       J’ouvre la possibilité d’évoquer le sujet de façon pacifiée (au cas où la réponse serait invariablement non par exemple..).

 

En posant une question, je laisse l’autre libre, je n’exerce aucune pression. Le sous entendu est : « je te respecte dans ta différence, tu es libre ». Ce qui bien entendu n’exclut pas, si besoin est : « on vit néanmoins ensemble, et il nous faut trouver un mode de vie où chacun s’y retrouve ».

Bien sur que l’on ne pense pas à tout cela lorsque l’on demande de débarrasser le lave vaisselle, mais cette façon de poser des questions installe mine de rien un « terrain » respectueux et libre entre les personnes. Un lieu où chacun se sent bien et respecté.

 

 Une relation ne se détériore pas tout d’un coup, mais petit à petit. On s’aperçoit un jour que l’on est  trop mal avec l’autre, pas assez respecté, ou éloigné…ou alors un événement particulier vient ébranler la relation, et l’emporter si le « terrain » est déjà abîmé.

 

 

Nous avons vraiment intérêt à cultiver la santé de nos relations et poser des questions plutôt que de donner des ordres, de faire pression ou de manipuler, même et surtout pour de toutes petites choses comme débarrasser un lave vaisselle. Les questions entretiennent au quotidien, et sans que l’on s’en rende vraiment compte, un sentiment de respect et d’attention, doux a ressentir, et qui permet de traverser plus facilement les éventuels conflits plus ardus . 

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Les suppositions, poisons de la relation

Souvent, au début d’une médiation, je demande aux personnes ce qui, dans le comportement de l’autre, les mettent hors d’elles. Presque toujours, la réponse est : les suppositions, les prêts d’intention. Les deux autres gagnants de ce petit jeu sont les jugements, sous toutes leurs formes, et les pressions exercées pour que l’autre change d’avis. Mais revenons aux suppositions.

Je suppose, ou je prête une intention à l’autre lorsque 

je sais mieux que lui (ou elle) ce qu’il pense, ce qu’il a derrière la tête, pourquoi il se comporte ainsi… c’est « il ne m’aime pas », « il ne considère pas ce que je dis », « elle fait cela pour me nuire », "il me mène en bateau",  « je la connais par cœur » « s’il fait cela, c’est qu’il considère que je ne suis pas à la hauteur »… On peut en faire des kilomètres, nous sommes habitués à fonctionner ainsi.`

 

Et c’est bien dommage, car cela rend fou :

 

Celui a qui on prête des intentions tout d’abord, il se retrouve enfermé dans l’idée que l’autre se fait de lui, il se sent incompris et bafoué sans moyen d’exprimer ce qui se passe vraiment pour lui. La certitude de l’autre l’enferme dans une situation de totale incommunicabilité, comme le cancrelat de Kafka.

Celui qui prête des intentions n’est pas mieux logé : Il se fait un film, prend pour lui l’attitude de l’autre, lui en veut et crée tout seul un geyser émotionnel qui l’empoisonne. Tout en ayant la certitude qu’il a raison. Et si l'autre tente de lui expliquer qu'il se trompe, il le soupçonne de mentir!

 

Notre mental a horreur de ne pas comprendre, donc devant une attitude qui le fait souffrir, il trouve une raison qui lui paraît plausible. Comme un journaliste qui exploite une phrase en dehors de son contexte, notre cerveau est incapable de saisir consciemment  l’ensemble des informations à un instant t. Donc il sélectionne celles qui correspondent à ce qu’il sait déjà, à ce qui renforce sa vision du monde, ou de l’autre, et se raconte une histoire, à laquelle il croit dur comme fer . 

Ce qui veut dire que nous interprétons en permanence ce que nos 5 sens nous envoient comme information, nous les recevons à travers nos filtres. Et lorsque nous supposons ce que pense l’autre et quelles sont ses motivations, nous nous racontons une histoire à partir des quelques indices que nous avons inconsciemment sélectionnés, histoire qui, très souvent est très éloignée de la réalité de l’autre.

 

Qui plus est, en faisant des suppositions et des prêts d’intention, non seulement nous nous rendons malheureux, mais nous réduisons aussi terriblement la relation à ce que nous connaissons déjà ! Nous n’apprenons pas de l’autre, puisque nous savons déjà ! Nous ne le laissons pas nous surprendre! Et nous finissons par trouver la relation, non seulement douloureuse, mais en plus ennuyeuse.

 

Alors comment en sortir ? Apparemment simple comme bonjour : en posant des questions, directement. En demandant à l’autre quelles sont ses intentions, ce qu’il pense, pourquoi il fait cela, en lui demandant ce qui se passe pour lui, là, en ce moment. C’est cela, la question magique : qu’est ce qu’il se passe pour toi, là ? (sans supposer bien sûr que l'autre vous ment..!)

 

Poser des questions ouvre à une vraie communication, une vraie relation : on ne sait pas d’avance, on prend le risque de découvrir, on est prêt à être surpris, décontenancé, à s’être trompé…

Cela a l’air simple, mais en fait, c’est difficile à mettre en œuvre, car il nous faut non seulement retourner une habitude bien ancrée mais encore négocier avec notre égo : Celui ci en effet a besoin de comprendre, préfère le connu, adore avoir raison, reproduit ce qu’il sait déjà, déteste admettre qu’il s’est trompé. Et il se sent très inconfortable à l’idée d’être remis en cause dans sa croyance, notamment celle qu’il a sur les intentions de l’autre.

 

Donc, plus notre ego est serré, ce qui est le cas lorsque nous sommes en conflit, plus c’est difficile. Il vaut donc mieux s’entraîner en période calme et observer toutes les fois (plusieurs par jour !) où nous nous apprêtons à supposer. Et décider de poser la question.

Petit pas, mais une assurance d’enrichir la relation , quelle qu’elle soit, et de diminuer l’émission de poison émotionnel !

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L'amour, le jugement et la peur

Quel programme ! C’est le nôtre, depuis le début de l’humanité. Nous sommes nés de l’amour, de cette puissance créatrice qui est amour. Tout le monde ne partagera pas cette croyance (ou cette expérience) mais la plupart seront d’accord avec le fait que nous le recherchons et que nous en avons besoin.

 

C’est l’histoire de la Genèse et du jardin d’Eden : Nés de Dieu, à son image lit-on et à sa ressemblance nous voilà dans le jardin d’Eden, que l’on peut supposer appartenir au plan terrestre. Donc, nés de Dieu, à son image, mais déjà incarnés, donc limités. Dans ce jardin l’homme semble être en paix et en harmonie avec Dieu et ce qui l’entoure. Mais voilà que tenté par le serpent, il mange le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Une lecture très répandue de ce texte nous explique que l’homme a voulu se mesurer à Dieu, se prendre pour lui, et que Dieu en conséquence l’a chassé du jardin d’Eden, pour qu’il ne touche pas à l’arbre de Vie, et l’a condamné à la souffrance.

On peut voir les choses différemment. Pourquoi l’homme ne devrait il pas toucher à l’arbre de la connaissance du bien et du mal ? Car, de part son incarnation, il est limité. Dieu se manifeste dans chaque parcelle de sa création, mais chaque parcelle a un point de vue limité sur la création. Il est donc impossible à chaque parcelle, et notamment à l’homme, de juger ce qui est bien et ce qui est mal de façon universelle, définitive. Car l’arbre de la connaissance du bien et du mal est celui du jugement. Et l’histoire de la Genèse nous dit ceci : Ne juge pas, sinon tu vas souffrir, tu ne connaîtras plus la paix, et tu engendreras de la douleur.

Et c’est vrai, nous pouvons le vérifier dans chacune de nos histoires : Nés de l’amour, nous le recherchons, ou plus exactement nous l’attendons dès notre conception. Nous en recevons, sans aucun doute, mais nous recevons aussi de l’amour conditionnel, c’est à dire conditionné à un jugement : enfant que nous étions, nous avons compris de l’attitude de nos parents (et c’est aussi ce que nous avons fait avec nos enfants, ne nous y trompons pas) « je t’aime si… tu es serviable, gentil, à l’heure, si tu réussis….en somme si tu es « bien »,. Ce « bien » là est différent selon les familles, les éducations et les cultures mais il est présenté et compris par l’enfant comme LE BIEN. Nous avons été élevés par des parents héritiers de ceux qui ont mangé du fruit de l’arbre de la connaissance et qui ont cru pouvoir définir un « bien » présenté comme universel, alors que forcément partiel, et qui ont essayé de nous faire entrer dans ce moule.

Beaucoup répondront que oui, mais on ne peut pas faire autrement que de transmettre à nos enfants ce que nous considérons comme être le bien. C’est le drame de ce que l’Eglise chrétienne appelle « le pêché universel ». On ne sait pas faire autrement mais pourtant nous pouvons constater que juger de ce qui est bien et de ce qui est mal engendre la peur et la douleur. La peur, c’est le climat dans lequel baigne l’enfant qui risque, s’il tait sa spontanéité, d’être « mauvais » et donc pas digne d’amour (alors que c’est sa nourriture essentielle). A notre tour, enfants jugés que nous avons été, nous jugeons, nous croyons détenir la vérité universelle, ou au moins plus de vérité que les autres, notamment de ceux dont le comportement nous déstabilise.

Nous jugeons pour ne pas ressentir. Toutes les douleurs psychiques ont pour fond la peur de ne pas être aimés, d’être rejetés, de ne pas être digne, d’une façon ou d’une autre, d’amour. Toutes les douleurs viennent du poison de l’amour conditionnel. Et c’est un cercle vicieux. Pour ne pas ressentir nous jugeons, nous aimons sous condition, et le jugement engendre la séparation et la douleur. Le jugement transforme l’amour en peur et douleur. C’est ce que nous raconte la Genèse.

Sommes nous contraints à rester dans ce cercle vicieux ? Non. Certes, la tâche n’est pas très aisée car nous sommes pétris de jugements, notre ego, notre personnalité donc, tient sur des jugements, l’image de nous mêmes tient sur un jugement.  Et puis juger, c’est quand même plus facile que d’écouter, ressentir, se laisser déstabiliser….

 

 

Mais nous pouvons poser l’intention de sortir du jugement, de trouver une autre façon d’être avec la vie, avec les autres, avec soi même que celle qui consiste à juger, séparer, convaincre l’autre qu’il a tort, essayer de se conformer et conformer les autres à l’idée que nous avons de ce qui serait bien. Commencer par réaliser que nous jugeons du matin au soir, par accueillir, sans rien dire, avec bienveillance tout ce qui est différent, à commencer par tout ce qui, en nous, est différent de ce que l’on voudrait être. C’est très difficile, on est vite confronté à nos limites, on remarque assez vite que le problème, l’enfer comme dirait Sartre, ce n’est pas les autres, c’est nos limites….et celles là aussi, il s’agit de les accueillir…. Cela peut s’appeler un chemin spirituel, une quête, c’est à dire un chemin qui dépasse la taille de l’homme. Mais si l’homme aspire à quelque chose qui dépasse ses possibilités, c’est bien que « quelque chose » qui le dépasse existe aussi. Que l’on nomme ce « quelque chose » Dieu, la Source, le Vie, l’Univers, l’Energie primordiale, l’Esprit, la Conscience universelle, peu importe, pour sortir du jugement source de séparation et de douleur, pour sortir de l’amour conditionnel, nous avons absolument besoin de nous y relier, d’une façon ou d’une autre.

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Les fêtes font ressurgir notre enfant intérieur

Les fêtes de fin d’année sont des moments riches en émotions, certaines sont très agréables, et d’autres…beaucoup moins

Savourez encore les moments ou votre enfant intérieur s’est réjoui des retrouvailles, des rires et de la chaleur du cocon, et prêtez attention à ces moments  où vous avez été bouleversé,  où vous avez surréagi, ces moments où la charge émotionnelle n’était pas en rapport avec la banalité apparente de l’événement, ces moments où vous vous êtes senti coincés, dans une impasse, ou plombés, rejetés, ou hors de vous… ces moments où vous auriez volontiers accuser l’événement ou la personne extérieure qui nous semblait être  à l’origine de cet état intérieur…

Il est probable que vous étiez simplement en train de rejouer un scénario que vous avez mis en place depuis fort longtemps. Ce scénario trouve sa source dans l’obligation que ressent l’enfant de satisfaire ou faire plaisir à ses parents (ou ceux qui prenne soin de lui) car il a vitalement besoin d’eux, de leur attention, de leur soutien et de leur amour. A un moment l’enfant se trouve coincé entre l’injonction parentale (qui peut être explicite ou implicite) et son désir profond. S’il suit son désir profond, il rompt le lien avec le parent (croit-il) ce qui fait naître en lui une profonde tristesse, et de la peur; s’il se soumet à l’injonction parentale, il rompt le lien avec lui même, ce qui fait également naître une profonde tristesse. L’enfant se trouve alors face à un abîme de tristesse, de peur et de colère (née de la frustration d’être obligé de satisfaire l’injonction parentale).

Alors quand les relations avec vos proches (car c’est souvent avec eux que cela se passe) vous mettent dans un abîme d’émotions désagréables, observez que c’est l’enfant en vous qui souffre car il lit la situation actuelle avec sa conscience d’enfant et il rejoue le scénario parental. Vous, adultes, accueillez alors cet enfant intérieur avec bienveillance, si besoin faites vous aider ou trouver les livres pour vous accompagner, mais laissez le à sa juste place. Vous n’êtes plus en enfant, votre interlocuteur n'est pas votre père ou votre mère d'alors, vous n’êtes plus dans la même situation de dépendance, vous avez des cartes en main et vous agissez d’égal à égal, vous avez la capacité d’exprimer ce que vous ressentez et  mettre la situation en perspective, la capacité de choisir et de décider pour vous, ...Objectivement, il ne peut rien vous arriver…Je vous souhaite une belle année d’intimité avec vous et de bienveillance avec votre enfant intérieur.

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Il faut (je dois)/ je peux/ j'ai envie

Pour être heureux, serein, en forme, en paix, efficace, riche, attentif…. « il faut » ou « il faudrait » que je fasse ceci ou cela, que je décide ceci ou cela…. Cet opérateur d’obligation « il faut » prend une place considérable dans nos vies. Cela provient sans doute de notre éducation à la française (il faut entrer dans le moule) et judéo-chrétienne (que faut-il faire/être pour retrouver le paradis ?).

 

Comment le remplacer, se demandent certains excédés par ces ordres permanents qu’ils se donnent à eux mêmes ?  par un opérateur de possibilité comme « je peux », « j’ai la chance », « j’ai l’opportunité » ou  un opérateur d’envie comme « j’ai envie », « j’essaye », « je veux »... Mine de rien, porter attention à la fréquence avec laquelle nous utilisons ces trois petits mots permet de faire un arrêt sur image, de mettre de la conscience sur nos fonctionnements internes.

 

Nous avons besoin du « Il faut » ; dans sa version positive, il nous donne un sens, une direction, il nous fait aussi envisager les conséquences de nos décisions. Dans sa version négative, ou utilisé trop souvent ou à tort, il nous met dans une situation d’impuissance et de frustration. Si « il faut » ce que je ne peux pas, je me sens impuissant, honteux. Si « il faut » ce dont je n’ai pas envie, je me sens frustré. Très souvent, nous ressentons ce « il faut » comme une chape de plomb tout à coup posée sur nos épaules.

 

Remplaçons le par « Je peux ». Dites le pour voir ce que cela fait à l’intérieur, c’est libérateur, on respire mieux tout à coup. « Je peux », « j’ai la capacité de » nous installe un sentiment de puissance (qui est différent de la toute puissance et du pouvoir, c’est juste l’inverse de l’impuissance), nous permet d’aller chercher la force en soi, le courage. Ce « je peux » nous ancre.

 

« J’ai envie » nous renvoie au désir, il actualise l’énergie qui nous pousse à aller vers, qui nous traverse et nous porte. Il appelle un verbe à la forme affirmative. Plutôt que « il faut que je m’arrête de fumer », essayez : « j’ai envie de respirer à pleins poumons ».Ressentez ce qui se passe à l’intérieur, l’énergie n’est pas la même, il y a une pulsion de vie qui n’existe pas dans le « il faut ».

 

Observez quels opérateurs vous employez le plus souvent et vous aurez des indications sur la façon dont vous prenez la vie. Essayez de varier, consciemment, et de voir ce que cela fait, quel état interne cela suscite en vous.

 

Il ne s’agit pas bien sûr de changer tous les « il faut » par « je peux » ou « j’ai envie » mais d’être capables de les utiliser également tous les 3.

 

Et puis, s’interroger sur ces trois petits mots nous sort de nos automatismes : si « il faut », le faut-il vraiment, c’est a dire si je ne le fais pas, qu’est ce qu’il se passe ? et s’il faut vraiment, est ce que je peux ? et si non que faudrait il qu’il se passe pour que je puisse ? et au fond, en ai je envie ? est ce que je surfe sur une vague qui me porte ou est ce que je lutte ? et si je lutte, c’est contre quoi ?

Et pour ceux qui surutilise le « je peux », est ce que je dois ? et cela répond t-il à un désir ?

Et pour ceux qui surutilise le « j’ai envie/pas envie », de quelle envie s’agit-il, de quel désir ? et est ce que je dois (c’est à dire quelles sont les conséquences)? et est ce que je peux ?

Trois petits mots….une mine de conscience, notamment pour sortir de l’impuissance, de la frustration, de la culpabilité et de l'indécision ! 

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De l'importance d'exprimer ce que l'on ressent en temps réel

Aucune de nos émotions, aucun de nos ressentis, aucune de nos pensées ne sont « mauvaises », rien de ce qui nous traverse, quelque soit l’occasion, n’est à juger, à rejeter, à faire taire… Il y a une différence fondamentale, qu’il est urgent, dans notre monde, de comprendre : celle entre juger/bannir/rejeter et  ne pas choisir/nourrir.

 

Il nous arrive fréquemment de juger nos pensées, émotions…, nous trouvons que nous manquons de calme, d’attention, de gentillesse, de justesse, que nous ne pouvons pas dire ce que nous ressentons car – croyons nous – nous allons blesser notre interlocuteur, l’éloigner de nous, créer un conflit, en faire un ennemi, compliquer les choses..  et nous faisons taire ce qui monte en nous pour servir au monde une image « correcte » de nous mêmes. Nous avons au fond une image assez précise de qui nous devrions être pour satisfaire à nos critères d’acceptabilité, de sécurité, de conformité à nos valeurs… et nous n’acceptons pas le fait que nous pouvons y déroger. Et comme il nous est insupportable de constater que nous pouvons ne pas être conforme à l’idée que nous avons de comment nous devrions être, nous faisons taire ce qui monte, nous « prenons sur nous » et le plus souvent nous n’avons même pas le temps de ressentir ce qui monte que nous l’avons déjà soit enfoui soit transformer en jugement (sur l’autre ou sur la situation). Et ce qui a été si bien enfoui explose un jour….généralement à contre-emploi total, ou est déversé (et en cela il devient une poubelle) sur quelqu’un d’autre…

 

Nous nous faisons, et faisons aux autres un mal indicible en faisant cela. Je ne dis pas que c’est mal, je dis nous nous faisons mal…

 

Ce qui nous traverse, ce qui nous vient à l’esprit, EST, un point c’est tout, et le juger ne le fera pas disparaître. Il est absolument nécessaire d’exprimer ce que l’on ressent, à partir d’un lieu, en nous, centré et responsable : c’est à dire qui ne nie pas les émotions et ressentis mais ne rend pas non plus les autres ou les situations responsables de ce qui nous arrive. Exprimer n’est pas attaquer. Dire sa vérité n’est pas dire ses quatre vérités à l’autre. C’est juste faire part de ce qui nous traverse, en en gardant la paternité.

Ne pas juger qui que ce soit, ne pas rendre qui que ce soit responsable, rend l’expression de nos émotions, pensées et ressentis audibles par l’autre en toute situation. Ce qui risquerait de blesser, créer le conflit… c’est de rendre l’autre responsable de notre mal être. L’exprimer simplement permet au contraire à l’autre d’en faire autant, et du coup les relations – et la vie tout entière – prennent une autre densité, une autre saveur… on est dans le vrai, et c’est consistant.

 

Exprimer ainsi nos émotions a comme grand avantage de les faire passer. Une fois exprimées, elles ont jouer leur rôle (d’information le plus souvent, nous reviendrons un jour sur le sujet) et l’énergie dont elles sont porteuses peut se transformer, notamment pour nous donner des idées et la capacité de mettre en œuvre des solutions pour sortir de l’état qui a creé ces émotions… Vous me suivez ? Si j’exprime par exemple, sans accuser personne et en temps réel (ou presque, ça marche aussi), toute ma frustration liée à une situation dans laquelle je me sens impuissant(e), je vais développer les idées et la capacité pour maîtriser la situation. C’est comme ça, il n’y a pas à le croire, juste à essayer et observer ce qu’il se passe…

 

Nous croyons souvent (et c’est vraiment d’une croyance dont il s’agit) qu’en jugeant en nous ce qui est « bon » et ce qui est « mauvais », nous avancerons vers le « bon ». C’est l’inverse qui se passe : en jugeant l’ombre (qu’elle soit chez nous, chez les autres ou dans l’environnement), en la rejetant, nous la nourrissons, car elle n’est pas transformée. Elle est comme bannie, en prison, elle rumine et elle croît. Au contraire, en l’acceptant sans jugement, en acceptant ses conséquences sur notre état intérieur, nous nous en distancions. Nous observons qu’elle existe, nous l’acceptons  - ce qui ne veut pas dire que nous l'approuvons ou nous souhaitons revivre la même chose - et nous gagnons, par cette acceptation, la capacité de ne pas la nourrir.

 

Alors, certes, il s’agit pour être capable d’exprimer ses ressentis en temps réels, de retourner la croyance bien ancrée que « cela ne se fait pas », « c’est dangereux », « c’est méchant », « c’est inintéressant », « ça ne sert à rien »…. Le plus difficile à faire est d’avoir vraiment envie de retourner la croyance, pour gagner en authenticité, en consistance, en liberté et en créativité (oui, oui, tout cela, c’est ça l’enjeu !). Mais ensuite, il suffit d’essayer, sur des toutes petites choses…de constater les effets….et la constatation répétée d’effets positifs finira par convaincre notre cerveau de changer définitivement la croyance et de fonctionner sur ce nouveau mode….Allez y, essayez, cela ne se fait pas en un jour, mais cela se fait, et c’est tous les jours un peu mieux…

 

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Les nouveaux sauvages

Je ne résiste pas à l’envie de faire un petit commentaire de ce film jubilatoire… !

Ce film a ceci d’extraordinaire qui nous montre de quoi est fait l’intérieur des hommes – de tous les hommes, vous et moi compris – que la force de leur mental empêche d’exprimer à l’extérieur. Ne nous y trompons pas, nous avons tous, pour peu que nous acceptions d’aller voir, une violence inouïe tapie au fond de nous, un amas de frustrations non avouées, qui sortirait volontiers dans des formes encore plus brutales, si nous ne la jugulions pas. Les dérapages, les meurtres, toutes les violences ne sont pas le fait d’hommes particulièrement sauvages ou violents – nous le sommes tous – mais d’une absence momentanée de contrôle. Le verrou saute, soit parce que la pression interne est trop forte, soit parce que le contrôle est défaillant, ou souvent un mélange des deux.

Mais le contrôle est-il ce qui distingue les humains des bêtes sauvages ? A première vue, oui. Les animaux ne disposent pas – à ma connaissance – d’une capacité de réflexion sur eux mêmes et d’un mental capable de contrôler leur énergie interne. Mais cette faculté humaine est-elle vraiment à mettre au crédit de l’homme ? Et n’est-ce-pas précisément ce contrôle qui crée une violence bien pire que celle que l’on trouve chez les animaux ?

L’homme, qui se croit au dessus des animaux, se contrôle, et contrôle ses enfants dès leur plus jeune âge, pour atteindre un comportement qu’il croit « civilisé ». Il s’interdit donc le plus souvent de dire vraiment ce qu’il pense (de peur de blesser, d’être rejeté, d’apparaître comme indésirable..), de faire vraiment ce qu’il veut, de répondre vraiment à ce dont il a besoin. Mais il n’en pense pas moins. Il a développé un « surmoi » qu’il croit être son apanage d’homme civilisé, mais qui dans la plupart des cas est un outil au service de son orgueil (« moi je ne laisse pas s’exprimer ce que je ressens en moi car c’est dangereux et/ou mauvais). Ce surmoi régulateur lui sert à avoir l’air doux, respectueux, aimant, généreux…, mais pas du tout à l’être vraiment Et à réprimer sa nature, il crée à l’intérieur de lui une bombe à retardement…. Ce film est jubilatoire car il libère – par acteurs interposés- une (petite) partie de notre bombe intérieure. Tous les scénarios révèlent une injustice, un sentiment profond de maltraitance, qui finalement mène à un « pétage de plomb », déclenché par un événement particulier qui n’est que l’arbre qui cache la forêt des frustrations enfouies.

Est-ce-à-dire que pour désamorcer, ou plus radicalement ne pas alimenter cette bombe, il faudrait laisser libre cours à la manifestation de tous nos ressentis, sans aucun frein, depuis notre plus tendre enfance ? Est-ce-à-dire qu’il faudrait en rabattre sur notre soi-disant supériorité d’humain qui mène à ce sentiment d’injustice, et donc à des frustrations ?

Ce qui me semble assez efficace, et ce pourrait être une leçon de ce film, c’est d’arrêter de nous comparer à une image idéale à laquelle on voudrait ressembler – individuellement et collectivement - d’accepter pleinement ce que nous ressentons même si cela nous semble indigne et bas et de l’exprimer au fur et à mesure (sans en éclabousser les autres, il y a d’autres moyens). Réprimer nos penchants naturels alimente une bombe qui mène aux nouveaux sauvages ; les reconnaître et les accepter – sans honte ni culpabilité – permet de les transformer. Et peut-être que c’est cela le rôle de l’homme : transformer la nature animale ? Si c’est le cas, il n’a pas d’autre choix que celui de passer par la case « Acceptation ».

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Lâcher prise et laisser aller

Il est difficile de saisir vraiment cette notion du lâcher-prise. Elle est assez souvent confondue avec lâcher, tout court. « OK, je lâche prise, alors je laisse flotter les rubans, plus rien à faire de rien, trop facile… » Comme si la prise qu’il s’agissait de lâcher était la barre d’un navire. Au contraire, je crois que si nous lâchons la barre de notre navire terrestre, personne ne viendra s’en charger à notre place. Nous sommes non seulement les mieux placés mais surtout les seuls à pouvoir gouverner notre vie. Il ne s’agit donc en aucun cas, dans cette notion du lâcher prise, de lâcher la barre et de s’en remettre aux autres, aux éléments, ni même à Dieu, pour prendre la responsabilité de nos choix et de la qualité de nos expériences de vie. Barrer, c’est se fixer un cap, tenir la barre et naviguer en direction de ce cap. Le lâcher prise se situe au niveau de la navigation. Et la prise qu’il s’agit de lâcher, c’est notre peur que l’objectif ne soit pas atteint si la route empruntée n’est pas celle que nous avons imaginée comme étant la meilleure. Le lâcher prise s’installe en développant la confiance. Un exemple : je suis dans une situation très désagréable quelle qu’en soit la raison. Si à ce moment je décide de lâcher prise, alors je devrai me rappeler mon objectif (de vie ou plus précisément celui qui préside à ce que je suis en train de faire), vérifier que je suis toujours à la barre, c’est à dire bien présent, éveillé, et non pas perdu dans mes plaintes, récriminations, colère contre les uns ou les autres, désespérance ou au contraire optimisme excessif, déni de la réalité…je suis là, bien conscient de ce qui se passe et d’un environnement apparemment hostile…et c’est à ce moment là que je lâche prise, c’est à dire que je laisse se développer en moi la confiance qu’à partir du moment où le cadre est posé (objectif  clair+ présence), je suis en état de répondre de façon adéquat à ce qui se présente pour atteindre mon objectif.  Le lâcher prise indique de lâcher le jugement de ce qui est en train de se passer (et non pas le discernement, celui ci s’applique à l’objectif alors que le jugement s’applique à l’expérience, aux faits et aux personnes).

Le lâcher prise est lié au discernement, à la souplesse et à la confiance. Le contrôle est lié à la peur, à la rigidité et au jugement.

 

Entrainez vous, essayez, doucement, vous ne risquez rien…sauf de, petit à petit, installer la paix à l’intérieur de vous.

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Nos croyances ont la vie dure...

Les croyances que nous entretenons sur la vie en général et  sur nous mêmes en particulier déterminent notre vie. Ne me croyez pas, observez ce qui se passe pour vous.

Essayez de déterminer quelles sont vos croyances les plus ancrées, et vérifiez par vous mêmes.


Pour connaître les croyances qui ont de l’influence sur notre vie, il faut aller chercher nos évidences, nos convictions gisant au plus profond de nous et dont on n'a pas toujours conscience. Ce sont les affirmations dont on peut dire « Ah non, ce n’est pas une croyance, ça c’est vrai ! » Et « ce qui est vrai » pour l’un ne l’est pas pour tout le monde (ce qui confirme que c’est une croyance). Par exemple, « la loi du plus fort régit le monde et si je montre que je suis faible, je risque d’être blessé ou contrôlé » ; « je suis quelqu’un de fondamentalement heureux et optimiste », «  pour que l’on m’aime, je dois d’abord aimer et le montrer en prenant soin des besoins des autres », « la vie récompense ce que l’on fait, pas ce que l’on est », « je suis ce que je ressens », « si je dis vraiment ce que je pense, je vais créer un conflit »… et ainsi de suite, il y en a plein d’autres…

Vous pouvez ainsi poser un autre regard sur les évènements douloureux, voir insupportables de votre vie, ce que vous voulez absolument changer, ce que vous ne supportez plus. Il est probable que ces évènements extérieurs auxquels vous êtes confrontés soient en train de remettre en cause une croyance bien ancrée sur vous mêmes. Lorsqu’il est temps d’élargir notre vision du monde (comme un poussin dans sa coquille qui, à un moment doit en sortir pour découvrir un autre monde) et que l’on en a pas conscience, la vie se charge de nous faire vivre des évènements qui nous secouent suffisamment pour que la coquille se brise.


Et ce qui fait tellement mal, ce n’est pas tant l’événement en tant que tel – même s’il peut être objectivement violent - , mais la résistance de l’ego à faire évoluer sa croyance, c’est à dire, lorsqu’il s’agit d’une croyance sur lui, son identité même, alors que c’est précisément ce qu’il faut faire pour sortir de l’ornière.  Or l’ego a très peur de ne pas y survivre. Pour lui, c’est une question de vie ou de mort, c’est ce qui explique la violence de nos ressentis.

Et c’est vrai que lorsque nous nous délivrons d’une croyance sur nous mêmes, une part d’ego meurt.


C’est à mon sens ainsi que l’on peut interpréter la phrase évangélique « mourir à soi même ». Il ne s’agit pas là, à mon sens, d’être généreux, de s’oublier en faisant passer les autres avant. La mort dont il s’agit est celle de mon ego trop étroit auquel je me suis identifié.

Pour reprendre les exemples du début, lorsque l’on prend conscience tout à coup (ou petit à petit) que « non, je suis aimable même si ce que je fais n’est pas couronné de succès ou ne plaît pas », « non, le monde n’est pas impitoyable et je peux montrer ma vulnérabilité sans risquer ma survie », « non, l’amour n’est pas une monnaie d’échange et je suis aimable même si je ne m’occupe pas toujours des autres », alors… un nouveau monde s’ouvre, plus vaste, de plus en plus vaste au fur et à mesure que nos limitations sur nous mêmes tombent, et plus aimant...

 

Alors bien sûr, lorsque la vie nous secoue on peut maudire ce ou ceux qui nous semblent responsables, et d’ailleurs on ne se gêne pas pour le faire, mais on peut aussi – surtout ? – voir comment ce qui se passe est en train de nous montrer une porte, une ouverture vers autre chose, vers un autre monde, vers un autre « Je », plus vaste, plus riche et plus aimant.

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Deviens ce que tu es

Il n’y a rien à faire…ou, plutôt, ce que nous faisons a peu d’importance. Nos réalisations ne sont qu’un support à notre expérience sur cette terre.

Le vrai sujet est ce que nous sommes, et comment nous le devenons.

Ceux qui aiment mettre de la conscience sur la façon dont ils « fonctionnent », s’aperçoivent assez vite que la plupart de leurs comportements, pensées, émotions, réactions ne sont ni le fruit du hasard ni le fruit de leur volonté, mais bien celui de leurs conditionnements et des conséquences de leurs vieilles blessures, de leurs charges émotionnelles qui resurgissent..

Sans conscience, nous reproduisons tous les conditionnements de la race humaine, de notre époque, de notre milieu, de notre éducation…nous n’agissons pas, nous réagissons selon un programme intégré. Même, et peut-être surtout, lorsque nous faisons « ce que nous voulons », nous sommes alors le docile exécuteur de ce que notre cerveau a codé comme agréable, nécessaire… Sans conscience, point de liberté. Alors, au fond, qui suis-je ? Si je ne fais que reproduire et réagir, comme un robot, ou est « le vrai », « la vraie », à supposer qu’il y en ait un (une) ? Qui je suis quand je suis (j’ose être) vraiment moi ?

Cette question, que se posent nombre de personnes qui travaillent sur elles, est un piège : si nous appelons ego cet ensemble de conditionnements et de blessures qui nous caractérisent (et nous donne notre « personnalité »), c’est encore une question que se pose l’ego, qui cherche, une fois de plus, à se conformer à un nouveau rôle. Après avoir épousé jusqu’à la nausée le rôle du gentil, du méchant, de celui qui réussit, de celui qui échoue, de celui qui assure, qui aime, qui donne, qui est toujours gai….il cherche à se conformer au rôle du « Vrai ».

 

Or, il me semble que « le vrai », « la vraie » que nous sommes, est indéfinissable, et c’est une bonne nouvelle.

Deviens ce que tu es : Découvre ce que tu es au delà des conditionnements et des blessures non intégrées. Peut être découvriras tu un être présent,  libre et créateur. Et pour devenir ce que tu es, connais toi toi même, mets de la conscience sur tes conditionnements, tes réactions, tes blessures enfouies. Observe à quel point ils déterminent la qualité de chacune de tes expériences. Entre dans cette intimité bienveillante avec toi et alors, petit à petit, tranquillement, presque sans effort, tu laisseras venir qui tu es vraiment. Et, probablement, tu l’honoreras.

 

 

Prochain chapitre : L’amour inconditionnel, car c’est à la fois la source, le but et la clé de ce qui précède.

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l'amour se mérite t-il?

Non ! allons nous répondre rapidement, quand on aime, on aime… force est pourtant de constater que, le plus souvent, nous mettons beaucoup de conditions pour réussir à aimer l’autre : qu’il (elle) nous porte la considération et de l’attention auxquelles nous estimons avoir droit, qu’il(elle) soit de bonne humeur, bienveillant(e), qu’il (elle)  respecte ses engagements ou supposés tels, qu’il(elle) soit présent(e), intéressant(e),  qu’il (elle) nous sécurise, qu’il (elle) nous nourrisse, qu’il(elle) nous fasse du bien , qu’il(elle) corresponde à la conviction que j’ai de qui lui (elle), notre couple, notre famille doit être, qu’il(elle) nous aime …, nous posons des milliers d’attentes qui, à force d’être déçues, créent du ressentiment. 

A un moment, on se dit qu’on aime l’autre, qu’on voudrait trouver une solution, puis, devant l’absence d’issue, on finit par se dire qu’on ne peut aimer une personne avec qui il est aussi difficile et stérile de vivre, on ne voit alors pas d’autre solution qu’aimer de loin parce que cela fait moins mal, décision qui le plus souvent déclenche un cataclysme qui fait basculer la relation dans la guerre.

Nous posons toutes ces attentes par inconscience : nous nous imaginons que ce sont les dires et le comportement de l’autre qui détermine notre état intérieur.

En conséquence, nous lui demandons d’être, de se comporter de telle façon que notre état intérieur soit agréable à vivre.. c’est ne pas voir au delà des apparences.

 

 Il est urgent de prendre conscience que ce n’est pas le comportement de l’autre qui pose un problème, mais ma réaction à son comportement. Pour s’en convaincre, il suffit d’observer que notre voisin/voisine réagit d’une façon différente à la nôtre dans une même situation, n’est pas blessé(e) par les mêmes circonstances (même si nous avons souvent besoin d’aller vérifier auprès et de convaincre l’entourage que le comportement de l’autre est inadmissible). Ce qui me fait souffrir, c’est la façon dont je réagis, moi, à tel propos, tel comportement, tel apparent manque de considération…réaction qui n’est que la signature de vielles empreintes émotionnelles et de croyances erronées, qui nous appartiennent à nous et qui n’ont rien à voir avec l’autre.

 

Une fois cette prise de conscience faite, le prochain pas est de se guérir, soi, et surtout pas d’aller expliquer à l’autre qu’il a besoin de le faire. Et comme ce chemin de guérison peut prendre quelques temps, l’enjeu  est de  trouver et de soutenir l’énergie et la volonté nécessaire pour, dans l’intervalle,  « libérer » l’autre de nos reproches, de la manifestation de notre insatisfaction, de notre ressentiment, du ressassement de tout ce qu’il fait ou dit et qui ne nous convient pas. Chacun pose son regard sur soi  – dans le but de se connaître et de traverser la souffrance née de ses réactions au comportement de l’autre – et le détourne de l’autre : contrairement aux apparences, c’est alors de l’amour en action.

 

 

Ce n’est qu’une fois guéries (ou presque), que les personnes en relation pourront détourner leur regard d’elles mêmes et de leur blessures (qui ne demanderont  plus d’attention consciente ou inconsciente) pour poser sur l’autre un vrai regard disponible et aimant et décider de continuer, ou non (mais alors sereinement), la route ensemble.

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Travail sur soi et quête spirituelle

Lors des Rencontres Chrétiennes de l’Ennéagramme qui se sont tenues à Saint Etienne au mois de novembre, différents théologiens, chercheurs, écrivains, consultants…. ont tenté de conceptualiser la relation qui pouvait exister entre travail sur soi et quête spirituelle. Je vous propose ici de vous partager mon expérience.

 

Le travail sur soi permet a minima de traverser des peurs, des croyances limitantes, des stress, des situations ou des évènements désagréables qui se répètent, des conflits, des ressentiments, tout ce qui peut nous empoisonner la vie.

Pratiqué régulièrement, il permet d’amplifier la conscience  de l’existence en nous d’un « Soi » ou d’une « part divine », ou d’un Etre profond,  peu importe le nom qu’on lui donne.

 Le lien entre les deux s’effectue par la découverte sensible d’un « Je » qui ne réduit pas à nos conditionnements, qui ne se réduit pas à notre personnalité. J’insiste sur le mot sensible car il ne s’agit pas là d’une déduction logique ou d’une croyance, mais d’une expérience. J’expérimente, en travaillant sur moi, l’existence d’un « Je » de nature différente que le « moi » de la conscience ordinaire, un « Je » qui tout a coup prend conscience, se détache, et choisit librement.

Le travail sur soi permet de rencontrer, de fréquenter, de découvrir ce « Je » en nous qui nous anime, je dirais même ce « Je suis », qui peut changer d’expression et d’état mais qui, fondamentalement, EST.

 

Le travail sur soi est un « travail » au même titre que celui de l’accouchement : bien sûr que le bébé sort grâce à des forces et un désir indépendants de la volonté de la mère, il n’en reste pas moins que pour être mis au monde, le bébé a besoin de la participation active de la mère. Le travail sur soi est notre participation active à la naissance, c’est-à-dire à l’actualisation dans le monde,  du « Je » libre, du « Je » qui dit oui à Dieu, ou, dit autrement, du «  Je suis », que nous portons en nous,  C’est un accouchement.

 

 

Alors comme Noël est la fête d’une naissance, je souhaite, que cette année il s’agisse aussi de la vôtre. Joyeux Noël !

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Nos relations ont besoin de nous

De quoi parle t’on lorsque l’on dit : j’ai des relations ? Des gens, ou des fils qui nous relient à eux ? Je dois entretenir mes relations professionnelles dit-on. Il s’agit du fil, donc, pas de la personne, qui, elle, s’entretient toute seule. Ce qui nous intéresse c’est le fil, qui maintient la personne à l’autre bout, à notre disposition, d’une façon ou d’une autre.

 

Mais ce qui est très curieux, c’est qu’autant nous entretenons les relations avec ceux qui, au fond, nous sont indifférents, autant nous laissons souvent en jachère le fil des relations avec ceux qui nous importent : nos proches et à la toute première place notre conjoint. C’est comme si la relation, pour être sincère, devait aller d’elle-même. Comme si l’amour entre deux êtres devait seul prendre soin de la relation, en dehors de la volonté consciente et responsable des protagonistes qui – chacun le sait – en ont déjà suffisamment à faire avec tout le reste. Il y a là me semble t’il une confusion, une vieille idée que nous portons en nous et qui voudrait nous faire croire que si l’amour a besoin de notre soin et notre attention, alors ce n’est pas vraiment de l’amour, qui devrait surgir de lui-même. Comme être amoureux, qui est un état passif, nous paraît être l’état le plus enviable, nous imaginons quelque part que l’amour n’a pas besoin de notre « action ». De notre action sur la relation, j’entends et non pas de notre action pour essayer de faire changer l’autre (ça, tout le monde y pense !). Mais il y aurait moins de séparation douloureuse si on arrêtait de confondre être amoureux et créer une relation. Le plus souvent, on tombe dans une relation, sans conscience, comme on tombe amoureux. Il semblerait que notre siècle (car cela ne fait pas si longtemps que l’on se marie par amour) ait oublié l’importance cruciale de l’existence de 2 volontés agissantes et responsables pour créer une relation qui les satisfait. Ou plus exactement, nous, les vivants de ce siècle, le redécouvrons, mettons de la conscience sur cette évidence.  Ce qui était évident, qui allait de soi, devient conscient. Et la première question à se poser, consciemment et expressément, c’est : quelle relation voulons nous, entre nous ? Essayez… Ca vaut la peine… !

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Après un moment d'absence

Bonjour à vous tous, j’ai laissé passer l’été sans vous dire un mot…en fait telle une louve je me suis terrée pour panser les plaies laissées par la mort subite de mon père qui me laisse labourée, aérée, telle une terre que l’on a travaillée, dont on a cassé les mottes, que l’on a retournée en tous sens et qui au bout du compte se sent plus meuble et… profondément changée.

 

J’ai pu observer l’existence de « parts » en moi qui vivaient et ressentaient chacune des choses bien différentes, me confortant dans l’idée qu’il existe bien plusieurs niveaux de réalité en nous-mêmes : une part qui sait que notre corps est un vêtement, qu’on évolue simultanément sur d’autres plans de réalité, une part qui a vraiment communiqué avec « l’âme » de mon père, dans les premiers temps au moins, tant que ma conscience limitée pouvait encore l’atteindre, une part tranquille donc, émerveillée même,  bouleversée par autant d’attentions « d’en haut », qui comprenait confusément mais sûrement le bienfondé de ce départ précipité. La surprise fut que cette part de moi n’a ni occulté ni calmé l’autre, la part humaine, terrienne, qui s’imaginait que son père était immortel , qui ressentait que quelque chose de l’ordre de la structure se brisait à l’intérieur, qui ne savait pas que cela faisait aussi mal, et qui était infiniment triste. Ce qui est curieux, c’est que cette part « terrienne », qui est liée au temps (puisqu’elle vieillit), trouve aussi son réconfort dans le temps. Le temps qui pourrait nous apparaître dans bien des cas comme un adversaire est aussi une bénédiction. C’est comme dans la chanson de Barbara, au mal de vivre succède un matin, sans raison apparente et petit à petit la joie de vivre. Le temps se charge de nous guérir pour peu que l’on reconnaisse la blessure et qu’on accepte de la lui confier. En tous cas, c’est ce que j’ai éprouvé, et du même coup, découvert. Je vous laisse là, à la limite, peut-être dépassée, de l’impudeur des sentiments. J’avais besoin de le poser pour continuer à vous faire partager mes réflexions et mes découvertes au fil des mois. Belle journée à vous.

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Serie les antidotes : l'envie

L’envie, sous toute ses formes : envie de ce qu’a ou vit le voisin, mais aussi envie d’un autre environnement, d’une autre politique, d’un autre président, d’une autre organisation, d’un entourage différent, d’un accueil différent, d’une compréhension différente, d’un métier différent, d’une vie différente, d’un conjoint différent… A ne pas confondre avec les envies ou le désir d’autre chose. L’envie est statique alors que  les envies, ou le désir, poussent à l’action. Il y a la même différence entre l’envie et le désir qu’entre rêvasser et porter un rêve.

 

L’envie a un corolaire immédiat : la plainte. Oh ! pas forcément se plaindre haut et fort, encore que.. mais le ressentiment, le sentiment d’injustice, qui se traduisent par des expressions comme «  c’est honteux, c’est scandaleux, ce n’est pas normal, ou je n’ai pas de chance »…Que ce soit dit tout haut ou ruminé à l’intérieur, l’effet est le même : cela rend malheureux, au fond et à la longue, même si on a l’impression que se plaindre nous libère. Malheureux d’impuissance. L’apitoiement sur soi-même n’est pas loin.

 Et ainsi, on voyage à l’envers. On refuse de prendre réellement pied dans la réalité, car on reste accroché à l’idée de ce qui serait mieux dans l’instant (mais en est-on sûr ?) et, plutôt que de se retrousser les manches on rend les autres , quels qu’ils soient (notre entourage, notre patron, nos clients et fournisseurs, la presse, le gouvernement, Dieu, le hasard ou la vie…), responsables de ce qui nous dérange, et on fait pression sur eux pour qu’ils changent. Hors, faire pression et agir n’ont rien à voir.

 

L’antidote de l’envie c’est l’action

 

Les autres sont apparemment responsables de notre mal être? Et alors ? Râler, se plaindre, faire pression sur eux..ne changera rien, au contraire, cela crée de la résistance, et , toujours, encore plus de mal être. Car si les autres sont responsables, alors moi je suis une victime impuissante qui n’a pas d’autre choix que de souffrir et de le faire savoir. Dites vous cette phrase « je suis une victime impuissante » et soyez attentif à l’état intérieur dans lequel elle vous met…Cela mène droit à la démission (qu’est ce que tu veux que je fasse d’autre ?) et, pas loin derrière, la dépression.

Mais, bonne nouvelle, il existe une porte de sortie, étroite, certes mais elle existe : Elle a pour nom la responsabilité et pour corolaire immédiat, la liberté. Le responsabilité de prendre en charge notre propre bien être, ou de faire advenir les valeurs qui nous sont chères, plutôt que d’attendre ou de faire pression sur les autres pour qu’ils soient conformes à ce que l’on attend d’eux. Cela demande d’observer honnêtement la situation qui nous dérange, reconnaitre ce qu’elle nous fait, et transformer cette émotion en action, soit poser des actes favorables à l’avènement de ce que nous voulons. C’est bête, mais ca rend heureux, aussi petite soit l’action.  

Se plaindre et rendre les autres responsables est une attitude d’enfant dépendant des adultes pour assurer son bien-être. Imaginez ou rappelez vous ce que doit faire l’enfant cloué dans son lit quand il a faim. Il pleure, jusqu’à ce qu’on l’entende. Et pourtant, l’enfant est poussé hors de son berceau, hors de son parc, hors de ses limites pour  devenir de plus en plus autonome (précisément pour ne plus être obligé de pleurer, d’hurler – de se plaindre -), responsable de ses choix, libre. C’est le mouvement de la vie. Quand on abandonne cet élan pour attendre que les autres satisfassent nos besoins, plutôt que de poser des actes pour prendre en charge nous mêmes ce qui nous tient à cœur,  on voyage à l’envers. Et de là naît le mal être, on s’est trompé de sens, c’est comme si on revenait à la case départ sans toucher 20 000 F.

 

Alors certes, il nous faut un peu de courage. Le pli de rendre les autres responsables de notre mal être est tellement bien pris depuis tellement longtemps qu’il ne nous est pas si facile d’inverser la vapeur. Et parfois on a vraiment pas envie de sortir de l’envie, mais le jeu en vaut la chandelle, la transformation de l’énergie de la plainte en énergie d’action transforme le chemin de croix  en chemin de joie !

 

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Méditer, c'est à la mode

A priori, rien de plus simple. Vous trouvez un endroit tranquille, vous vous asseyez, le dos bien droit de préférence, et voilà, vous ne faites plus rien, vous concentrez votre attention sur votre respiration, pendant une durée, disons de 20 mn (cela peut être plus, ou moins, surtout au début).Et après ?

 

Essayez vous verrez ! Pour ceux qui ont déjà essayé, ils se rendent alors compte des tonnes de choses qu’ils peuvent se dire à longueur de journée, ils prennent conscience qu’ils pensent, en boucle, ils radotent, font des commentaires, se souviennent, analysent, se font peur ou au contraire se font plaisir, rêvassent, se jugent, se louent aussi, imaginent, planifient…Bref ils entretiennent un dialogue intérieur très très nourri….et se désespèrent assez vite d’arriver un jour à faire le vide. Je connais bien ce sentiment et je viens vous partager ce dont j’ai pris conscience.

 

Méditer nous permet de recevoir.

 

Si vous avez les bras chargés de paquets et que quelqu’un vous offre un cadeau, soit vous lui demandez de le poser à côté, soit vous déposez ce qui encombre vos bras et vous prenez le cadeau. C’est exactement pareil avec la méditation. Nous avons beaucoup à recevoir, sans nécessairement croire que « Quelqu’un » donne quelque chose. Nous avons à recevoir la sérénité, la paix, la joie, la clarté, l’inspiration, l’intuition, la détermination, la compassion…..entre autres. Ces « choses » ne se conquiert pas à la force du poignet, elles se reçoivent, car elles sont là mais nous avons les bras trop chargés pour nous y ouvrir.

 

Alors méditer, c’est  déposer ce qui nous occupe et nous préoccupe pour prendre le temps de recevoir. Et l’on reçoit toujours, même si le temps de réelle disponibilité est très court. Et si la disponibilité n’est pas totale, ce n’est pas grave, elle est toujours plus grande que pendant nos temps de veille normaux, et donc les bienfaits qui sont là passent quand même mieux à travers nous.

 

Méditer c’est comme un prière sans parole. Le Père Varillon a écrit un livre qui s’intitule « Prier pour devenir Celui que l’on prie ». Voilà, c’est ce qui se passe lorsqu’on médite. On devient autre, par capillarité, par osmose

 

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les poubelles émotionnelles

La pub institutionnelle nous invite à adopter des gestes éco-citoyens, à trier nos déchets ménagers et à les jeter au bon endroit. C’est bon pour la planète, nous dit-on.Et pour nous, pourquoi n’adopterions nous pas des gestes éco-humains ? En vidant par exemple nos poubelles émotionnelles au bon endroit ?Curieuse idée pensez-vous peut-être, mais regardons de plus près 

: Que faisons nous le plus souvent lorsque nous sommes – au quotidien - frustrés, soucieux, énervés, agacés, fatigués….nous en faisons profiter les autres, de préférence ceux qui sont proches – ce qui « comprennent », qui sont là pour cela, croyons nous, car il est important de « partager » ses états d’âmes avec eux que nous aimons. Et si nous ne parlons ou n’explosons pas, nous partageons notre mutisme ressassant ou notre mauvaise humeur…Joli cadeau en vérité ! Nous ne donnons rien aux autres, nous déversons le trop plein ! Des poubelles !! 

 

Il est possible d’apprendre à trier et à vider régulièrement notre poubelle émotionnelle avant qu’elle déborde chez les autres.

 

A trier d’abord : pour faire le tri de mes ordures ménagères, je regarde et je discerne. Même chose pour les émotions : 

- Les  émotions quotidiennes, que je peux prendre seul(e) en charge : D’abord j’en prends conscience , et je discerne leur cause réelle. Contrairement aux apparences, celle-ci est rarement chez l’autre, qui n’est que le déclencheur – aussi détestable qu’il puisse paraître - d’un mal (ou bien) être qui nous appartient. Donc je rends à César , c’est-à-dire à moi, ce qui lui appartient et je renonce à voir en l’autre la cause première de mes émotions. Ensuite, je vide. Sinon la poubelle déborde, et mon environnement affectif peut ressembler aux trottoirs des villes le jour de grève des éboueurs. Nous avons un grand pouvoir de pollution de l’atmosphère et une égale propension à absorber la pollution ambiante ! Vider sa poubelle, cela veut dire  se réapproprier ses émotions perturbatrices et les transformer en tapant sur un putching ball, en courant, en faisant n’importe quelle activité physique (y compris celle de se faire simplement du bien) qui nous permette de traverser l’inconfort sans le déverser sur les autres, et aussi d’être mieux à même de régler le problème.Allez courage, un peu d’exercice physique est un bienfait non seulement pour la santé mais également pour l’amélioration de nos relations, qui souffrent en premier lieu de la récurrence de nos débordements émotionnels !

- Restent les « grosses » émotions, les coups durs…. Difficile à prendre seul(e) en charge : pour elles, il y a le service des encombrants, ami(e), prêtre, thérapeute !!…

 

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Bonne Année

Je vous souhaite, de tout mon cœur, une année de paix. Vous avec vous. Vous avec les autres.

Non pas que les conflits soient à bannir. Au contraire, ils servent à nous réveiller, à nous révéler à nous- mêmes,si nous voulons bien porter notre attention sur nos propres ressentis, nos propres réactions, plutôt que de rester projetés sur les manquements des autres.Ce conflit que je vis en ce moment avec mon conjoint(e), mon enfant, mon collègue, mon patron…que me dit-il de moi ? Ce que cela nous dit des autres a finalement peu d’importance puisqu’on ne peut pas les changer. Mais moi, qu’est-ce qui me met dans cet état ? Qu’est-ce qui m’irrite à ce point ? qu’est-ce qui me fait tellement souffrir ?  De quoi ai-je besoin ? Ou suis-je coincée, blessée, enfermée ? Qu’est-ce que j’ai besoin d’amener à la lumière ? Merci les autres de nous bousculer tellement que nous sommes obligés d’aller voir à l’intérieur. Car sur ce chemin, nous trouvons des graines de paix, et d’amour. Notre conscience s’élargit et, avec elle, notre vision du monde.Je vous souhaite de trouver la voie de l’apaisement.

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Série « les antidotes » : la peur

La préoccupation, l’inquiétude, l’appréhension, la fixation mentale, la crainte, l’élaboration compulsive de scénarios, l’anxiété, la terreur…. Autant de manifestations différentes de cette émotion qui nous noue l’intérieur..

Comme la colère, la peur est une émotion dont la fonction est de nous protéger, c’est un clignotant qui s’allume pour nous mettre en action et éviter le danger. Ressentie dans l’instant, entendue, l’énergie créée grâce à elle est utilisée pour fuir, combattre ou se soumettre et la peur disparaît.


Tout autre est la peur de l’idée de ce qui pourrait nous arriver. Autant la première nous donne de l’énergie, autant la seconde nous fait perdre nos moyens car elle nous enferme dans une spirale improductive.

A ce sujet, il ne faut pas confondre cette peur de l’idée que l’on se fait du futur, avec la prudence, qui nous fait envisager de façon sereine des « plans B » à partir d’une évaluation tranquille des probabilités. Pour distinguer si l’on se trouve dans la peur ou dans la prudence, il suffit d’écouter ce qui se passe à l’intérieur : est-ce calme, détendu, confiant ? ou alors est-ce agité, dispersé, tendu, aux abois ?
Lorsque nous vivons une situation difficile, nous n’avons pas peur. Nous pouvons être triste, en colère, cependant la plupart du temps, nous faisons face, nous gérons, nous trouvons les ressources.. Ce n’est donc pas les situations qui nous font peur mais l’idée que nous nous en faisons.


Or « l’idée de » n’appartient pas à la réalité, c’est une croyance.


L’antidote de la peur, c’est la foi.

 

Ceci peut s’entendre à plusieurs niveaux :


- tout d’abord avoir la foi en soi, revenir sur le plancher des vaches, se recentrer (ce qui peut se faire notamment en respirant consciemment) afin de reprendre contact avec ses ressources et apprécier la situation telle qu’elle se présente dans l’instant.

 

- Ensuite, avoir la foi c’est à dire la confiance dans le processus positif de la vie, dans le fait qu’au bout du compte, les choses vont se dérouler positivement pour nous. C’est une croyance aussi, me direz-vous. C’est exact mais lorsque l’on sait que les croyances déterminent la forme, c’est-à-dire qu’elles déterminent ce que nous vivons, autant choisir les croyances qui nous font du bien et qui peuvent nous déterminer un futur agréable.

 

- Enfin, la foi, c’est remettre l’objet de l’inquiétude à plus vaste que nous (Dieu, nos guides, nos anges, l’Univers.. peut importe le nom que l’on donne) avec la conviction qu’ « Il » s’en occupera au mieux pour nous. Il ne s’agit là nullement d’une croyance bon enfant dont le but est de nous réconforter ; il s’agit d’une loi naturelle qui dit que l’on va là où l’on regarde (testez cela à bicyclette par exemple). Le mouvement de « s’en remettre à » nous libère de l’intérieur (ce que chacun peut expérimenter lorsqu’il se délivre de son inquiétude en faisant confiance à un expert). Nous pouvons alors librement nous détacher de l’objet de notre crainte (l’idée de ce qui pourrait arriver), cesser de « regarder » ce que nous ne voulons pas, et porter notre regard sur ce que nous voulons : joie, paix, prospérité, parfaite santé… L’espace que nous avons libéré à l’intérieur en nous délivrant de l’inquiétude, en la remettant à un « autre », peut accueillir, libérer, favoriser alors idées, ressources, actions pour mettre en œuvre ce que nous voulons – plutôt que de tourner en rond ou de lutter contre ce que nous ne voulons pas. Il faut alors définir clairement ce que nous voulons (ce qui est plus difficile que résister à ce que nous ne voulons pas), et, par cette clarification et cette intention posée, favoriser son avènement.

PS : je remercie Philippe et Charles pour la discussion de samedi qui m’a donné l’idée d’écrire cet article..

 

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Avides d'amour

Nous sommes, pour la plupart avides d’amour, nous voulons être aimés, et nous le recherchons sans cesse, nous l’exigeons, nous l’estimons comme un dû. Comme le dit Lacan : « Aimer, c’est essentiellement vouloir être aimé »...

Nous avons un besoin profond d’être aimé pour nous mêmes, tels que nous sommes, sans jugement, sans conseil, sans interprétation, sans nous vouloir différent, nous avons besoin d’être aimé d’amour vrai et c’est l’attente que nous posons sur nos conjoints, compagnons, amoureux, entourage…

 

Mais est-ce bien raisonnable ?  

 

Nous demandons ce que nous sommes bien souvent incapables de donner à l’autre, et pire, à nous mêmes.

Avides d’amour. A vide . Vide d’amour intérieur. Vide d’amour vrai pour nous. Empli, pour nous-mêmes de jugements, d’indifférence, voir de haine pour des parts de nous-mêmes, des choses en nous que nous détestons. (pour s’en apercevoir, il suffit de repérer ce qui nous est insupportable chez les autres ; il s’agit toujours en fait de quelque choses que l’on a en nous, peut-être sous une autre forme, et que l’on déteste ou que l’on ne veut pas voir…).

 

Sommes nous bienveillants avec nous-mêmes ? Sommes nous notre meilleur ami (e) ? Nous viendrait-il à l’idée de dire à notre meilleure amie de 50 ans ce que nous nous disons en nous regardant dans la glace ? Nous sommes souvent notre pire ennemi et notre pire censeur… 

Pour ressentir l’amour auquel nous aspirons tous, nous devons commencer par l’installer à l’intérieur de nous, par nous donner à nous-mêmes l’amour que nous réclamons aux autres, en nous réconciliant avec nous, en guérissant nos blessures intérieures et en sortant de nos schémas enfermant et répétitifs.

 

Ainsi pleins, et non plus vides, nous pourrons donner aux autres, en surabondance,  l’amour vrai, c’est à dire, l’amour de l’autre pour l’autre, sans attente. Sinon, ce que nous appelons « amour » est un amour illusoire, on croit donner de l’amour mais en fait, on donne avec des gages.

 

Cultivons donc notre jardin intérieur…..Belle journée !

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L'amour ne rend pas aveugle, il rend libre

Notre cerveau  ne nous permet pas de traiter consciemment plus de 7 sollicitations à la fois, nous disent les neuro-scientifiques. En conséquence, sur les milliers de sollicitations de nos 5 sens à chaque instant, nous en retenons 7 et créons notre réalité à partir de ceux-ci. Les autres sont stockés dans l’inconscient.

Comment se fait ce choix ? Pour la majorité des gens, dans la majorité des cas, de façon purement inconsciente. L’attention se fait à notre insu, en fonction de nos schémas mentaux, de nos mémoires, de nos déterminations, de notre éducation, de nos blessures… en fait de notre égo conditionné et blessé. 

L’égo est cet ensemble de conditionnements et de blessures qui détermine, si nous n’y prenons pas garde, nos attitudes, nos comportements, nos façons d’être, de faire, de réagir. C’est le « je ne peux pas faire autrement », « je suis né comme cela ». Certains peuvent également lui donner le nom de  personnalité.
Notre cerveau est un fidèle serviteur et fait ce qu’on lui demande. Sollicité par l’égo,  il œuvre pour le conditionnement. En effet, le rôle de notre égo est de nous adapter à la forme humaine et à la vie en société. Dans cette optique, le cerveau va trier, classer les informations en essayant de retrouver ce qu’il connaît déjà. (Cette faculté nous permet notamment l’apprentissage de savoir-faire qui deviennent automatiques : conduire, faire du vélo, ouvrir une porte…). C’est ainsi qu’il va généraliser, omettre, banaliser…. Et par ce tri, notre attention sera portée sur certains éléments plutôt que d’autre, en fonction de ce que l’on connaît déjà et de ce qui est acceptable ou non par notre égo.
Nous voyons alors que ce que l’on dite être « la réalité » n’est en fait qu’une représentation très partielle et très subjective de celle-ci, que nous construisons inconsciemment.
Alors, la question qui se pose est la suivante : sommes nous condamnés à subir une vision de la réalité qui ne nous convient pas toujours mais qui est le fruit de notre propre cerveau ?
Ou alors avons-nous la possibilité de choisir où nous portons notre attention ?Bonne nouvelle, la réponse est oui, la porte est certes étroite, mais elle existe.
Lorsque nous méditons, ou lorsque nous choisissons de porter notre attention sur nous-mêmes, d’observer nos dire, réflexions, ressentis.., nous pouvons éprouver la présence en nous d’un JE qui a la faculté d’observer, de choisir, de décider, et la grande faculté corolaire de se laisser embarquer. Exemple : je choisis de concentrer mon attention sur ma respiration et au bout de quelques minutes (voir quelques secondes) mon esprit est parti dans mille réflexions. Je me laisse embarquer un moment, je m’en rends compte et choisis de nouveau de concentrer mon attention. Autre exemple : j’ai une discussion animée avec un interlocuteur qui commence à toucher un point sensible chez moi. Pour m’échapper de cette situation inconfortable, je cherche à me venger et je pense à lui dire quelque chose de vraiment méchant, qui va lui faire mal, je ne le ferais pas me dis-je c’est bas et méchant… mais l’inconfort persiste et…..je le dis, je me suis laissée embarquer par mon égo blessé.


J’éprouve ainsi l’existence d’un ‘JE’ qui n’est pas réductible à mon égo, à ma personnalité. Ce ‘JE’ a – potentiellement – la capacité de choisir. A charge pour lui, de se dégager de l’attraction qu’exerce l’égo sur lui.


C’est l’objet du travail sur soi

- Se connaître : c’est-à-dire connaître sa personnalité, ses conditionnements et ses blessures à la racine de nos choix inconscients, de notre vision du monde et des autres, de ce que nous appelons « la réalité »-

 S’accepter et s’aimer comme tel

 

Et c’est ce mouvement d’acceptation et d’amour vrai envers soi-même (celui que l’on attend si ardemment des autres sans songer à se le donner soi-même) qui détend l’égo, lui fait perdre de son pouvoir d’attraction, dessert l’étau qu’il sert autour du « JE » qui voit alors s’élargir sa capacité à choisir où il porte son attention et quelle action et quel comportement il décide de mettre en œuvre.


« La réalité » de chacun devient alors tous les jours plus conforme au monde qu’il souhaite créer.


De façon inconsciente, c’est ce qu’il se passe lorsque nous somme amoureux : l’autre, notre amour, remplit brusquement et spontanément tous nos besoins : d’amour, de reconnaissance, de sécurité..nous nous voyons magnifique et unique dans ses yeux…l’égo est ravi, enchanté..et il se détend. Voilà pourquoi, nous disons que l’amour rend aveugle. Ce n’est pas tant qu’il ne voit pas, c’est que le sentiment d’amour qui nous traverse donne à notre « JE » la capacité de choisir ce qu’il veut voir, de porter son attention sélective sur ce qui lui fait plaisir…pour que la magie dure… et le « JE » se crée ainsi une réalité qui lui convient.


L’amour ne rend pas aveugle, il rend libre. Et plutôt que d’exiger des autres qu’ils nous aiment d’un amour inconditionnel, aimons-nous nous mêmes, nous serons ainsi traversés par ce sentiment d’amour qui, en desserrant l’étau de notre égo, nous rendra libre de choisir.

 

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La médiation est en accompagnement sur le chemin du développement de la conscience.

En médiation, les personnes accompagnées sont amenées à se recentrer sur elle-même. Elles sont guidées pour exercer leur conscience : il s’agit de distinguer les faits des interprétations, les ressentis des jugements, les conséquences de leur état interne en réaction aux faits de la volonté de changer l’autre. Il s’agit pour elles de prendre acte de ce que provoquent, chez elles, le comportement ou les dires de l’autre, de l’identifier, de l’accepter comme quelque chose qui leur appartient . Il s’agit de reprendre la responsabilité de ses émotions, de ses réactions et de ses comportements, et sortir de la position de victime des autres et du monde. Ce « travail » passe par une libération des croyances, schémas automatiques et représentations qui réduisent notre champ de « vision », d’appréhension de réel plus exactement, et nous font nous focaliser sur une seule solution. Et plus l’impact émotionnel est fort, plus le champ de vision se rétrécit. Il s’agit donc en médiation d’accompagner chacune des personnes à élargir son champ de vision de la réalité, gage de l’émergence d’une solution commune, en développant sa conscience d’elle-même et des autres. Il est alors possible, chacun centré sur lui (c’est-à-dire conscient et responsable et non pas égocentré), de décider puis d’agir.
Or l’émergence de la conscience est une quête spirituelle, celle-ci consistant à se rapprocher de soi et à se libérer de tout ce qui n’est pas soi (et notamment les croyances enfermantes, schémas automatiques de réaction, pouvoir des émotions non reconnues). Qui est ce « Je » libéré ? quel est ce « Soi » qui décide et agit avec d’autant plus de liberté qu’il est plus conscient ? Certains engagés dans cette recherche décident à l’avance qu’il n’est que matière (c’est en philosophie le courant matérialiste), d’autres décident à l’avance qu’il existe une transcendance et que le « Soi » s’y rapporte (c’est en philosophie le courant spiritualiste et c’est bien sur le socle des religions), d’autres enfin, engagés dans une quête, cherchent,  observent et découvrent sans tenter –autant que faire se peut – de justifier tel paradigme plutôt que tel autre.
Le profond respect que le médiateur doit aux personnes qu’il accompagne, son humilité et l’obligation qu’il se fait de s’abstenir de tout jugement et de toute projection est une posture qui relève à mon sens de la dernière posture du chercheur spirituel décrite ci-dessus, c’est-à-dire de celui qui cherche sans à priori. Il existe une communauté d’attitude.

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Pensée du jour : d'où vient-elle?

J’observe ce qui se passe dans ma tête lorsque je médite et j’ai tout à coup le sentiment très fort que mon cerveau ne produit pas de pensées mais qu’il les capte. Ensuite seulement, je porte ou non mon attention sur cette pensée, je la laisse passer ou je la tricote, ou le plus souvent je me laisse embarquer par elle « à l’insu de mon plein gré » ! C’est comme si un doigt de fée venait désigner un tiroir, dans un certain état émotionnel interne et comportant des objets, des mémoires, des schémas, des représentations, des croyances…L’ouverture ou non du tiroir est le plus souvent involontaire et même inconsciente. En portant mon attention sur le phénomène, je me rends compte que je peux à cet endroit faire acte de volonté : je laisse passer la pensée ou je la tricote. Parfois l’attraction est trop forte et, malgré moi, le tiroir s’ouvre.

De cette observation, j’émets l’hypothèse suivante : Tout, absolument tout ce qui existe à aujourd’hui est une « forme pensée » c’est à dire a un correspondant sous forme de pensées. Ces formes pensées existent au sein d’un espace psychique interpersonnel auquel chacun accède selon  son état interne conformément à la loi dite d’attraction, à savoir, grossièrement, « qui se ressemble s’assemble ». Ainsi, mon cerveau capte telle ou telle pensée en fonction de son état émotionnel et du contenu de ses « tiroirs ». A titre d’exemple, je capte la pensée « envoyer un mail d’encouragement à mon neveu » car ce que porte cette idée – neveu, soutien, attachement familial, volonté d’être appréciée, volonté de contribution… et les émotions qui les accompagnent – trouve un écho à l’intérieur de moi.

 

Cette hypothèse ouvre des voies de sens et de compréhension, et de son existence éventuelle, je tire quelques leçons :

 

1/ Adopter la posture d’observateur bienveillant de soi même, et notamment de ses pensées nous permet de nous connaître et nous montre de quoi nous sommes faits. Si nous entretenons par exemple de la rancœur et du ressentiment, et que ceux –ci sont forts, nous allons attirer des pensées de la même tonalité. Cela est vrai également si nous entretenons des pensées de joie, d’accomplissement, de gratitude…

 

2/ Nous pouvons, par un acte de volonté, décider de nous laisser embarquer – ou non – par telle pensée, décider – ou non – de la laisser prospérer. Pas toujours facile, me direz-vous, il existe des moments ou l‘attraction est si forte que je ne peux m’empêcher d’ouvrir le tiroir et de la tricoter. Prenons l’exemple d’un tiroir de rancœur et de ressentiment : si « je ne peux pas m’en empêcher », c’est que l’attraction entre la forme pensée extérieure et le contenu du tiroir en question (qui n’est qu’un parmi une infinité d’autres) est trop forte. Pour la faire baisser, plusieurs solutions s’offrent à nous :

 

-         Rééquilibrer la force de l’attraction, et pour cela « faire circuler » entre les « tiroirs » : on peut le faire de façon physique : sortir, bouger, marcher, courir, jouer, crier, rire…. ; on peut le faire de façon émotionnelle en portant son attention sur d’autres émotions qui nous traversent incidemment –un soupçon de joie, de gratitude, de plaisir, de reconnaissance – et en les tricotant consciemment, c’est-à-dire en leur apportant de l’attention et de l’importance, on peut enfin le faire de façon spirituelle c’est-à-dire en élargissant son point de vue, en voyant le contenu du tiroir sous un autre angle

-         Décider d’ouvrir consciemment le tiroir – et non pas se laisser embarquer par son contenu – et travailler dessus. Cela veut dire faire l’inventaire du contenu : des faits, des interprétations, des représentations, des croyances, des schémas…et, à la manière de Descartes, regarnir le tiroir de ce que nous choisissons consciemment. Ce travail d’inventaire ne suffit pas. Pour le parfaire, il faut accepter sans réserve et sans jugement « l’état interne », l’acceptation et l’amour de soi-même sont le solvant des émotions perturbatrices et de l’égo blessé et conditionné –mais nous aurons l’occasion d’en reparler..

-         Créer, enfin. La création –artistique mais pas seulement- est un formidable moyen de se libérer de l’attraction qu’exercent nos « tiroirs » sur des formes pensées extérieures auxquelles nous aimerions bien ne pas rester accrocher, car elles les accouchent, mais de cela aussi nous reparlerons.

 

Je conclus aujourd’hui de tout cela, qu’il ne s’agit pas tant de maîtriser ses pensées que d’entretenir un état interne (par un travail sur soi tant physique, qu’émotionnel et spirituel) permettant de « capter » les pensées qui nous font du bien, et plus largement, d’accéder aux ressources dont nous avons besoin.

 

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