Il faut (je dois)/ je peux/ j'ai envie

Pour être heureux, serein, en forme, en paix, efficace, riche, attentif…. « il faut » ou « il faudrait » que je fasse ceci ou cela, que je décide ceci ou cela…. Cet opérateur d’obligation « il faut » prend une place considérable dans nos vies. Cela provient sans doute de notre éducation à la française (il faut entrer dans le moule) et judéo-chrétienne (que faut-il faire/être pour retrouver le paradis ?).

 

Comment le remplacer, se demandent certains excédés par ces ordres permanents qu’ils se donnent à eux mêmes ?  par un opérateur de possibilité comme « je peux », « j’ai la chance », « j’ai l’opportunité » ou  un opérateur d’envie comme « j’ai envie », « j’essaye », « je veux »... Mine de rien, porter attention à la fréquence avec laquelle nous utilisons ces trois petits mots permet de faire un arrêt sur image, de mettre de la conscience sur nos fonctionnements internes.

 

Nous avons besoin du « Il faut » ; dans sa version positive, il nous donne un sens, une direction, il nous fait aussi envisager les conséquences de nos décisions. Dans sa version négative, ou utilisé trop souvent ou à tort, il nous met dans une situation d’impuissance et de frustration. Si « il faut » ce que je ne peux pas, je me sens impuissant, honteux. Si « il faut » ce dont je n’ai pas envie, je me sens frustré. Très souvent, nous ressentons ce « il faut » comme une chape de plomb tout à coup posée sur nos épaules.

 

Remplaçons le par « Je peux ». Dites le pour voir ce que cela fait à l’intérieur, c’est libérateur, on respire mieux tout à coup. « Je peux », « j’ai la capacité de » nous installe un sentiment de puissance (qui est différent de la toute puissance et du pouvoir, c’est juste l’inverse de l’impuissance), nous permet d’aller chercher la force en soi, le courage. Ce « je peux » nous ancre.

 

« J’ai envie » nous renvoie au désir, il actualise l’énergie qui nous pousse à aller vers, qui nous traverse et nous porte. Il appelle un verbe à la forme affirmative. Plutôt que « il faut que je m’arrête de fumer », essayez : « j’ai envie de respirer à pleins poumons ».Ressentez ce qui se passe à l’intérieur, l’énergie n’est pas la même, il y a une pulsion de vie qui n’existe pas dans le « il faut ».

 

Observez quels opérateurs vous employez le plus souvent et vous aurez des indications sur la façon dont vous prenez la vie. Essayez de varier, consciemment, et de voir ce que cela fait, quel état interne cela suscite en vous.

 

Il ne s’agit pas bien sûr de changer tous les « il faut » par « je peux » ou « j’ai envie » mais d’être capables de les utiliser également tous les 3.

 

Et puis, s’interroger sur ces trois petits mots nous sort de nos automatismes : si « il faut », le faut-il vraiment, c’est a dire si je ne le fais pas, qu’est ce qu’il se passe ? et s’il faut vraiment, est ce que je peux ? et si non que faudrait il qu’il se passe pour que je puisse ? et au fond, en ai je envie ? est ce que je surfe sur une vague qui me porte ou est ce que je lutte ? et si je lutte, c’est contre quoi ?

Et pour ceux qui surutilise le « je peux », est ce que je dois ? et cela répond t-il à un désir ?

Et pour ceux qui surutilise le « j’ai envie/pas envie », de quelle envie s’agit-il, de quel désir ? et est ce que je dois (c’est à dire quelles sont les conséquences)? et est ce que je peux ?

Trois petits mots….une mine de conscience, notamment pour sortir de l’impuissance, de la frustration, de la culpabilité et de l'indécision ! 

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Commentaires: 2
  • #1

    Sylvie (jeudi, 11 juin 2015 22:34)

    Un texte qui tombe à pic!! Merci Hélène !

  • #2

    brigitte (vendredi, 12 juin 2015 13:00)

    ecactement...