Serie les antidotes : l'envie

L’envie, sous toute ses formes : envie de ce qu’a ou vit le voisin, mais aussi envie d’un autre environnement, d’une autre politique, d’un autre président, d’une autre organisation, d’un entourage différent, d’un accueil différent, d’une compréhension différente, d’un métier différent, d’une vie différente, d’un conjoint différent… A ne pas confondre avec les envies ou le désir d’autre chose. L’envie est statique alors que  les envies, ou le désir, poussent à l’action. Il y a la même différence entre l’envie et le désir qu’entre rêvasser et porter un rêve.

 

L’envie a un corolaire immédiat : la plainte. Oh ! pas forcément se plaindre haut et fort, encore que.. mais le ressentiment, le sentiment d’injustice, qui se traduisent par des expressions comme «  c’est honteux, c’est scandaleux, ce n’est pas normal, ou je n’ai pas de chance »…Que ce soit dit tout haut ou ruminé à l’intérieur, l’effet est le même : cela rend malheureux, au fond et à la longue, même si on a l’impression que se plaindre nous libère. Malheureux d’impuissance. L’apitoiement sur soi-même n’est pas loin.

 Et ainsi, on voyage à l’envers. On refuse de prendre réellement pied dans la réalité, car on reste accroché à l’idée de ce qui serait mieux dans l’instant (mais en est-on sûr ?) et, plutôt que de se retrousser les manches on rend les autres , quels qu’ils soient (notre entourage, notre patron, nos clients et fournisseurs, la presse, le gouvernement, Dieu, le hasard ou la vie…), responsables de ce qui nous dérange, et on fait pression sur eux pour qu’ils changent. Hors, faire pression et agir n’ont rien à voir.

 

L’antidote de l’envie c’est l’action

 

Les autres sont apparemment responsables de notre mal être? Et alors ? Râler, se plaindre, faire pression sur eux..ne changera rien, au contraire, cela crée de la résistance, et , toujours, encore plus de mal être. Car si les autres sont responsables, alors moi je suis une victime impuissante qui n’a pas d’autre choix que de souffrir et de le faire savoir. Dites vous cette phrase « je suis une victime impuissante » et soyez attentif à l’état intérieur dans lequel elle vous met…Cela mène droit à la démission (qu’est ce que tu veux que je fasse d’autre ?) et, pas loin derrière, la dépression.

Mais, bonne nouvelle, il existe une porte de sortie, étroite, certes mais elle existe : Elle a pour nom la responsabilité et pour corolaire immédiat, la liberté. Le responsabilité de prendre en charge notre propre bien être, ou de faire advenir les valeurs qui nous sont chères, plutôt que d’attendre ou de faire pression sur les autres pour qu’ils soient conformes à ce que l’on attend d’eux. Cela demande d’observer honnêtement la situation qui nous dérange, reconnaitre ce qu’elle nous fait, et transformer cette émotion en action, soit poser des actes favorables à l’avènement de ce que nous voulons. C’est bête, mais ca rend heureux, aussi petite soit l’action.  

Se plaindre et rendre les autres responsables est une attitude d’enfant dépendant des adultes pour assurer son bien-être. Imaginez ou rappelez vous ce que doit faire l’enfant cloué dans son lit quand il a faim. Il pleure, jusqu’à ce qu’on l’entende. Et pourtant, l’enfant est poussé hors de son berceau, hors de son parc, hors de ses limites pour  devenir de plus en plus autonome (précisément pour ne plus être obligé de pleurer, d’hurler – de se plaindre -), responsable de ses choix, libre. C’est le mouvement de la vie. Quand on abandonne cet élan pour attendre que les autres satisfassent nos besoins, plutôt que de poser des actes pour prendre en charge nous mêmes ce qui nous tient à cœur,  on voyage à l’envers. Et de là naît le mal être, on s’est trompé de sens, c’est comme si on revenait à la case départ sans toucher 20 000 F.

 

Alors certes, il nous faut un peu de courage. Le pli de rendre les autres responsables de notre mal être est tellement bien pris depuis tellement longtemps qu’il ne nous est pas si facile d’inverser la vapeur. Et parfois on a vraiment pas envie de sortir de l’envie, mais le jeu en vaut la chandelle, la transformation de l’énergie de la plainte en énergie d’action transforme le chemin de croix  en chemin de joie !

 

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Commentaires: 4
  • #1

    Isabelle du Plessis (vendredi, 03 mai 2013 16:17)

    Merci Hélène, pour tes réflexions lumineuses, que je partage à 100 % !!!
    A très vite !

  • #2

    Nathalie Madeline (lundi, 06 mai 2013 22:11)

    sais-tu que la France, pays de râleurs et envieurs à souhait, est un pays enneagramme 4 ?
    :-)

  • #3

    Catherine Gaillard (jeudi, 26 septembre 2013 22:58)

    en fait, si tu reviens à la case départ, c'est que tu en viens et donc tu as logiquement touché les 200 sacs. Donc c'est normal d'y revenir sans les toucher.. je fais l'idiote...
    bravo Hélène et merci pour ce très beau texte sensible et juste

  • #4

    Carolina Laffon (lundi, 07 juillet 2014 20:09)

    Que j'aime ce papier que tu as écrit, Helène,cette pensée est mon credo aussi, j'adhère et confirme à fond!
    et j'ajouterai que chaque fois que cet effort est conduit, la satisfaction de la prise en charge de soi est telle ,que rapidement cela devient un reflexe, puisque l'on se sent reellement plus maitres de notre vie.